LIVRE VI
indiquait. Nous venons vous demander justice de ces assassins. Les gardes nationales de Paris ont bien su vous défendre jusqu'à présent, n'exigez pas de nous de voir de sang-froid, sous nos yeux, les meurtriers de nos frères 1 . » ■
La lecture de cette adresse fut interrompue presque à chaque phrase par des cris : Ce n'est pas vrai /que proféraient les tribunes au paroxysme de la fureur. Lorsque l'orateur arriva au récit de la mort du garde national Duhamel, un misérable eut l'infamie de s'écrier : ci Tant m ieux 3 ! »
L'Assemblée était profondément indignée; mais la Montagne, depuis plusieurs heures que cette scène de meurtre s'était passée, avait pris le soin de se munir de témoins en sens contraire. Elle les l'ait immédiatement paraître à la barre pour contre-balancer les témoignages des victimes elles-mêmes. Ils sont trois! L'un d'eux déclare qu'étant de garde au Château « des grenadiers, barbouillés de boue exprès, sont entrés sans carte chez le roi; » que celui-ci, la reine et les dames d'honneur ont affecté de donner de grands soins aux blessés. Un
1. Nous avons retrouvé lu minute môme du discours qui fut prononcé au nom des grenadiers du bataillon des Fi Iles-Sain t-Tliomas. Celle minute contient une phrase que les rédacteurs jugèrent probablement eux-mêmes trop vive et qu'ils effacèrent. Malgré la surcharge, nous avons pu la lire; elle élait ainsi conçue :
« La garde nationale est en arme?; elle ne les déposera que lorsque vous aurez délivré la capitale de cette troupe etfrénée, égnrée, qui menace injustement les citoyens dans leurs personnes et leurs propriétés, o