LIVRE VI
jeté de lu boue, des pierres, les ont pris au collet et menacés de la lanterne. Girardin se plaint d'avoir été frappé. — «En quel endroit? demande-t-on ironiquement à l'extrême gauche. ™ Par derrière, répond Girardin. Les assassins frappent-ils jamais autrement? On ne peut, ajoute le courageux, orateur, délibérer sur la question aujourd'hui à l'ordre du jour (c'était celle de la déchéance) tant que l'Assemblée sera sous le joug d'une faction. Je déclare donc à la nation, de qui je tiens mon pouvoir, que je ne puis voter sans que le Corps législatif m'assure liberté et sûreté... »
Toute la droite et un grand nombre de membres de la gauche1 se lèvent en criant :
« Oui ! oui ! nous ne délibérerons pas avant d'être libres. »
Vaublanc propose de mander immédiatement à la barre le procureur général syndic et de lui enjoindre, sous sa responsabilité, de prendre tes mesures les plus sévères pour que la tranquillité-de Paris soit assurée, et que les membres de l'Assemblée nationale puissent voter en sûreté. De violents murmures s'élèvent dans les tribunes ; le président est obligé de donner des ordres pour qu'elles se tiennent silencieuses; malgré de nouvelles rumeurs, Vaublanc continue :
« J'entends sans cesse invoquer contre les tribunes l'autorité de l'Assemblée, et cette autorité est sans force; n:est-il pas ridicule d'entendre le président rappeler vingt fois les tribunes à l'ordre, et sa voix être toujours