‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 93 sur 237 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

heure, des « frères et amis » pour opérer une pression incessante sur toutes les sections1. Néanmoins, beaucoup d'entre elles repoussent ces appels à l'insurrection, quelques-unes lèvent leur séance à l'heure accoutumée 2, persuadées qu'il ne peut rien se passer d'extraordinaire, ou ne voulant se mêler de rien3.

Les chefs de l'insurrection avaient longtemps hésité entre deux projets. Les meneurs du faubourg Saint-Antoine voulaient faire du local ordinaire du comité des Quinze-Vingts le point central de la réunion des commissaires des quarante-huit sections4. Les meneurs des sec-

* . Beaucoup de procès-verbaux mentionnent l'arrivée des délégués de Mauconsei], des lombards et du Théâtre-Français, aussi bien que des Quinze-Vingts, qui demandent et obtiennent l'autorisai ion d'assister aux séances des sections suspectes de modérantisme.

2. L'heure de la levée de la séance est précisée dans plusieurs procès-verbaux. La section du Temple leva sa séance à neuf heures et demie; celles de l'Oratoire et de la place Vendôme, à dix heures; celle du Louvre, à onze heures et demie.

3. Voir, à la (in de ce volume, le résumé que nous avons Tait des procès- verbaux de chacune des quarante-huit sections, et les extraits que nous avons donnés des délibérations qui nous ont paru les plus importantes.

4. On lit dans le procès-verbal de la section des Arcis (séance du 9 août au soir) :

« A l'instant est arrivé un citoyen du faubourg Saint- Antoine, qui a remis sur le bureau une délibération de la section des Quinze- Vingts en date du & du présent mois, demandant entre autres choses, que

lions du centre de Paris voulaient que le rendez-vous des commissaires fût à l'Hôtel de Ville même. Par un sentimentde jalousie facile à comprendre, ils répugnaient à paraître subordonnés aux Quinze-Vingts. Le reste du programme était le même partout : on devait déclarer bien haut que les commissaires auraient « mission de s'entendre avec la municipalité sur les moyens d'entretenir le calme et la tranquillité, sans pouvoir s'immiscer d'aucune manière dans les fonctions municipales1;» on leur donnerait tout bas le mandat d'arracher une à une, au conseil générai de la commune, les décisions indispensables à la désorganisation de toute résistance, sauf à briser les autorités légales lorsqu'on n'en aurait plus que faire.

Comme nous l'avons vu, par de fréquentes convocations extraordinaires et surtout par l'institution du comité central de correspondance , on avait habitué les sections à envoyer à l'Hôtel de Ville (les délégués délibérer sur toute espèce d'objets. Pour le 10 août précisément2, la commune les avait invitées à nommer des mandataires pour concourir à la discussion d'un projet relatif à la formation d'un camp sous Paris et aux moyens de défendre la capitale en cas. d'invasion. Légalement permanentes,

deux commissaires . fussent nommés par la section, lesquels se réuniraient aux commissaires nommés par les autres sections assemblés aux Quinze- Vingts , pour délibérer conjointement sur les circonslances. »

1. Nous copions textuellement l'arrêté pris le 7 août par la section Mauconseil. Voir à la (In de ce volume.

Page 1