‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 94 sur 237 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

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elles pouvaient tenir séance, par conséquent élire et envoyer des commissaires à toute heure du jour et de la nu ît. La réunion étant effectuée ù l'Hôtel de Ville, qui oserait s'apercevoir qu'au lieu de répondre à la convocation municipale, on aurait obéi à l'appel des sections ultra-révolutionnaires? Du moment qu'on apporterait des pouvoirs libellés au nom de telle ou telle section , qui oserait discuter le nombre des citoyens desquels ou déclarerait les tenir? On était sur d'une dizaine de sections affidées; pour les autres, suivant les circonstances, on ferait envahir la salle des séances par des émeutiers apostés1, on arracherait par intimidation le consentement des quelques membres du bureau, tenant la permanence; quant aux sections sur lesquelles il serait trop difficile d'agir, on se passerait de leur assentiment.

À onze heures du soir2, la section des Quinze-Vingts qui, pendant toute la soirée, avait espéré rester le centre exclusif du mouvement, s'aperçut de l'isolement dans lequel on la laissait, comprit qu'il fallait abandonner son projet primitif et se résigna à prendre l'arrêté suivant, qu'elle savait d'avance devoir être adopté sans conteste par les sections du centre :

« Attendu qu'il s'agit de sauver la patrie et la chose publique, la section nomme trois commissaires pour se rendre à la maison commune et, conjointement avec ceux qui seront nommés par les autres sections, aviser

1. Voir, à la fin du volume, l'extrait du procès-verbal rie la seclion del;t nie de Monlreuil, qui constate l'envahissement des émeutiers.

2. L'heure à laquelle l'arrêté desQiiinze-Vingts fut pris, est donnée par le procès-verbal de la section de Bondy.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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aux moyens de se concerter sur les mesures à prendre dans les circonstances actuelles 1 ».

A la suite de ce premier arrêté, deux autres sont pris : l'un met sous la sauvegarde du peuple les commissaires envoyés à l'Hôtel de Ville, l'autre déclare que Ton ne recevra plus d'ordres que des commissaires de la majorité des sections réunies2.

Ces résolutions sont apportées dans les sections vers minuit. Celles du centre, notamment Mauconseil, les Gravilliers et les Lombards, avaient pris ou prenaient au même moment des décisions identiques : les arrêtés des Quinze-Vingts y sont par conséquent reçus avec le plus vif enthousiasme.

Mais, dans beaucoup d'autres sections, la séance est levée; ii ne reste plus dans la salle que quelques individus endormis sur les banquettes. On les réveille, on leur dit qu'il faut sur-le-champ nommer des commissaires pour aller à l'Hôtel de Ville sauver la patrie en danger. A l'Arsenal, les six personnes qui se trouvent dans la salle du comité nomment trois d'entre elles pour représenter quatorze cents citoyens actifs3. Les choses se pas-

■I . Le texte de cet arrôté est donné d'une manière ïncomplèie dans le procès- verbal de la section des Quinze-Vingts, imprimé dans l'Histoire parlementaire de Bûchez et Roux, t. XV f, p. 407. Nous l'avons retrouvé dans le procès-verbal de la section du Roule. Le rédacteur a transcrit le modèle môme qui avait été envoyé par les Quinze-Vingts.

2. Procès-verbal des Quinze-Vingts, dans V Histoire parlementaire, t. XVI, p. 40.

Voir ie procès-verbal de cette section, que nous donnons va extenso à la fin de ce volume; c'est celui qui révèle le mieux comment la plupart des élections de commissaires furent faites.

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sent à peu près de même au Louvre, à l'Observatoire et au Roi-de-Sicile.

Dans certains quartiers, la séance dure encore, mais la salle est presque vide, et les citoyens présents déclarent qu'ils sont en trop petit nombre pour rien décider au nom de la majorité*. Ailleurs on adopte purement et simplement l'ordre du jour2. D'autres sections se montrent, il est vrai, moins récalcitrantes et nomment des commissaires, mais sans déterminer leurs pouvoirs; les élus ne savent pas eux-mêmes ce qu'ils vont être appelés à faire. En certains endroits on se méfie à un tel point des mesures qui pourront être prises à l'Hôtel de Ville, que les électeurs déclarent ne devoir obéir qu'aux ordres qui leur seront transmis par leurs propres délégués 3.

Les Quinze- Vingts avaient donné les premiers le signal moral de l'insurrection en réclamant la nomination des commissaires, ils s'étaient bien gardés d'en donner le

1 . Procès-verbal de l;i section du Roulo. Ln section lîraubourg agit d'abord de !n même manière et par les mftmcs motifs ; niais, sur l'insistance des sections révolutionnaires, les quelques membres présents se décidèrent li nommer trois commissaires.

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