LIVRE VII
révolutionnaires et du club des Jacobins, « on crie aux armes, » on frappe aux portes1; dans le reste de la ville, tout est tranquille2, l'on ne voit dans les rues que des citoyens qui se rendent à leurs bataillons.
Cependant les commissaires nommés parles sections les plus zélées arrivent à la maison commune entre une heure et deux heures du matin. Ils occupent la salle qui, depuis une quinzaine de jours . avait été consacrée à recevoir les délégués pour l'adresse à l'armée, la pétition sur la déchéance et les autres objets mis à l'ordre du jour par le bureau de correspondance.
A trois heures, dix-neuf sections sont censées repré-
permettre que les citoyens de la section se réunissent à ceux de l'intérieur, pour former des rassemblements sans ordre.
Dans les déclarations relatives à la conduite spéciale du bataillon des Filles-Saint-Thomas, pendant la nuit du 9 au '.0 août, déclaralions que nous donnons à la fin de ce volume, on voit que l'ordre de rappeler fut envoyé par l'état- major, entre dix et onze heures du soir. (Déclarations de Tassin, commandant en premier, do floscary, commandant en second, de Noël Avril, sous-lieutenant, de l.-Q. Jardin, adjudant-major.)
1 . Nous puisons la plus grande partie de ces détails dans les rapports que, d'heure en heure, le secrétaire du conseil général du département, Blonde), transmettait au procureur-généra.-syndic, Rœderer, alors aux Tuileries. Ces rapports ont été imprimés dans la Revue rétrospective , V série, t. I8r, p. 356 et suivantes.
2. Dans la description de la nuit du 9 au 40 août, que Lucilo Duplessis, femme de Camille Dosmoulius, nous a laissée, on lit ce qui suit : « Personne dans la rue, tout le monde élait rentré. » (Voir l'intéressante notice sur Camille Desmoulins, publiée par Êdouard Fleury, t. 1", p. 569.)
Lu tranquillité de Paris est encore attestée par le rapport que J.-J. Leroux fit à l'Assemblée et que nous citons un peu plus bas.
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senlées*. Huguenin, le président des Quinze- Vingts, s'empare du fauteuil; il ya tous les droits et personne ne songe à le lui disputer. Tallien, qui avait déjà tenu la plume lors de l'adressedemandant la déchéance, se trouve à point nommé pour remplir les fonctions de secrétaire.
Eutre trois et sept heures, moment où les soi-disant commissaires, revêtus de prétendus mandats extraordinaires2, œnsommèrentdéfinilîvementJ'usurpation de tons les pouvoirs, de combien s'accrut le chiffre primitif de dix-neuf? Probablement de quatre ou cinq, au plus de neuf; car il est incontestable que vingt sections au moins ne furent pas représentées.
Maintenant quels étaient ces soixante-dix ou quatrevingts individus qui venaient de s'introduire subrepticement dans une des salles de l'Hôtel de Ville?
Étaient-ce les coryphées du parti démagogique, ceux que, depuis un an, soit aux Jacobins, soit dans les sections, soit à la barre de l'Assemblée, l'on avait vus à la tète du mouvement ultra-révolutionnaire? Nullement. La section des Quinze-Vingts avait bien, il est vrai, mis les commissaires sous la sauvegarde du peuple; mais malgré celte déclaration, il pouvait y avoir quelque danger à être pris en flagrant délit de conspiralion ; aussi
<t. Voir le procès-verbal de la section de l'Arsenal, à la fin de ce volume.
2. Un cerLaïn nombre de sections qui étaient soi-disant représentées dans celte réunion n'avaient donné à leurs commissaires des pouvoirs que pour s'informer, el non pour agir; d'autres avaient entouré les leurs de, réserves très-significatives. (Voir le Résumé général des délibérations de* sections, donné à la fin de ce volume.)
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