‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 100 sur 308 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

rieure 8,000 hommes de troupes exercées, était au contraire pour la Convention une chance inespérée de salut.

Le premier moment d'émotion passé, Barèrefait voter un crédit de trois millions destinés à conduire en poste jusqu'en Vendée les héroïques défenseurs de Mayence. Le 17, un nouveau décret envoie les représentants Merlin (de Thionville) et Rewbell rejoindre leurs frères d'armes. Caudaux et Rossignol se disputaient ce précieux, renfort; le Comité de salut public charge un conseil de guerre, composé de généraux et de représentants, de trancher la question et d'arrêter le plan de campagne.

Deux projets étaient en présence. L'un donnait l'initiative à l'armée des côtes de Brest. Il consistait à combiner, entre les deux divisions de Mayence et de Nantes et les troupes de Rossignol, un mouvement demicirculaire et convergent, destiné à refouler les rebelles jusqu'au cœur du pays insurgé et à les écraser sous l'effort des deux armées réunies. Le second, beaucoup plus simple, se bornait à concentrer toutes les forces républicaines à Saumur, et à organiser une battue en ligne, de l'est à l'ouest, afin d'acculer les Vendéens entre la Loire et la mer.

Le Comité de salut public avait déjà donné son approbation au premier plan, dans la crainte de jeter la Vendée dans les bras de la Bretagne et de l'Angleterre- Ce fut également l'avis du conseil de guerre tenu à Saumur, le 2 septembre, où assistaient onze représentants et autant de généraux. L'armée de Mayence resta donc sous le commandement de Canclaux, pendant que Rossignol faisait sonner le tocsin et procéder à

la levée en niasse dans les départements limitrophes.

La campagne s'ouvrit par un revers. Le général Lecomte, qui remplaçait Tuncq malade, se laissa surprendre, le 5 septembre, à Chantonnay. Cet échec, qui n'avait rien d'irréparable, compromit tout le reste des opérations.

D'après le plan arrêté à Saumur, l'armée des côtes de Brest et celle des côtes de la Rochelle devaient se trouver réunies le 16 septembre devant Morïagne. Les troupes de Canclaux se mirent donc en marche dèsfe9; mais Rossignol, soit crainte, soit dépit, n'apporta pas la môme rapidité dans l'exécution du mouvement convenu. Le 17, la division de Saumur n'était encore qu'à Yihiers, pendant que Canclaux, obligé d'attendre, s'arrêtait à Clisson et apprenait que des ordres contradictoires avaient imposé aux divisions de Niort et des Sables des marches et des contre-marches inutiles.

Au milieu de ces hésitations, les Vendéens attaquent, les unes après les autres, ces troupes abandonnées à elles-mêmes sans cohésion et sans lien. Le 18 septembre, Santerre avec la division de Saumur est battu à Coron. Le 19, le chevalier Duhoux met en déroutera Beaulieu, la division d'Angers commandée par son oncle, — les jeux de la fortune et de la guerre ! — Le même jour, l'avant-garde de l'armée de Mayence, malgré les efforts de Kléber, est écrasée à Torfou par les forces réunies de Bonchamp, d'Elbée, Charetle et Lescure; le 21, 'ces deux derniers surprennent, à Monta igu, Beysser et la garnison de Nantes, et couronnent leur succès, le 23, en refoulant à Saint-Fulgent la di-

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