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HISTOIRE DE LA TE AHEUIt.

ordres, les divisions de Luçon et de Chalbos venaient d'arriver; les représentants Jîourbotte, Choudieu, Fayau et Bellegarde étaient accourus de Saumur et s'étaient joints à leurs collègues Merlin (de Thionville), Turteau et Carrier. Tous prirent part au conseil dans lequel allait se décider le sort de la guerre. Les Blancs avaient fui jusqu'à Beaupréau. Les généraux de l'armée de Mayence étaient d'avis de les poursuivre jusqu'à la Loire, sans tarder, afin de les battre en route, s'ils se retournaient pour résister, ou de les noyer dans le fleuve, s'ils tentaient de le franchir, Chalbos ayant fait observer que ses troupes étaient trop fatiguées, la majorité préféra «ne attaque en masse sur Beaupréau.

Cet excès de prudence sauva les Vendéens. Eux aussi délibéraient. Fallait-il, comme le proposait Bonchamp, transporter sur la rive droite de la Loire le théâtre de la lutte? Valait-il mieux, suivant l'avis de d'Elbée, continuer dans le pays même une guerre désespérée de partisans? L'amour du sol natal prévalut et l'on convint de s'emparer de Varades, pour assurer la retraite en cas d'échec, et de tenter une dernière fois le sort des armes avant de traverser la Loire.

Bonchamp et d'Elbée revinrent donc, à la tête de £0,000 hommes, attaquer Cholet, le 17 octobre. Ils avaient disposé leurs soldats en colonne serrée, et les Vendéens marchaient pour la première fois en ordre de bataille. Le point faible de la ligne républicaine était à l'aile gauche, et c'est sur elle que se porte le premier effort des assaillants. Victorieux un moment, ils ne lardent pas à être repoussés et se rejettent sur le centre. Là,

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ils sont décimés par l'artillerie de la division de Luçon, que son chef démasque à l'improviste et qui les mitraille à bout portant. Soutenus par l'énergie du désespoir, les Veudéens reculent, maïs reviennent à la charge. Enfin il faut céder et la déroute commence, impitoyable et sanglante. La nuit seule mit un terme à cette effroyable boucherie. De part et d'autre les pertes étaient immenses. Bonchamp et d'Elbée étaient frappés à mort et Kléber,dans sa seule division, avait vu tomber, le 15 et le 17 octobre, quatorze chefs de brigade, chefs de bataillon ou officiers d'état-major, ses amis et ses compagnons d'armes de Mayence. Il est vrai que l'honneur de la victoire revenait à lui seul. Les soldats de Chalbos avaient fui dès le commencement de l'action. Quant au général en chef Léchelle, on ne le vit qu'après le combat.

La question était tranchée : il fallait quitter la Vendée et, sans s'arrêter à défendre Beaupréau, les vaincus courent d'une seule traite à la Loire. Le 8 octobre, ils passent le fleuve à Saint-Florent, emmenant avec eux comme aux siècles d'invasion leurs chariots, leurs bœufs, leurs femmes, leurs enfants et leur Dieu. Lescure mourant avait été placé sur une barque ; La Rochejacquelein pleurait ; tous étaient animés des plus tristes pressentiments. La mort attendait les fugitifs sur ce rivage où ilscroyaient trouver la délivrance. Comme 1 Antée, l'armée vendéenne ne pouvait vivre qu'au contact du sol qui l'avait vue naître et, semblable à une bande d'oiseaux sous l'aile de l'autour,' ce tourbillon humain allait s'élever, s'abattre, rebondir, retomber, se

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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relever encore jusqu'il la cliule finale qui devait les anéantir tous.

Ainsi finit victorieusement, mais sans gloire pour les armes républicaines, cette guerre de quelques mois. Il n'y en eut pas de plus cruellement et de plus maladroitement conduite. Une tourbe immonde d'intrigants, de pillards et de poltrons en retarda le succès et ne put l'empêcher, La Convention vainquit malgré elle et avec la seule aide de ces généraux qu'elle ne savait que soupçonner et proscrire.

les représentants s'attribuèrent naturellement la victoire et, dans la joie du triomphe, écrivirent à Paris : « La Convention nationale a voulu que la guerre de la Vendée lût terminée avant la fin d'octobre; nous pouvons lui dire aujourd'hui qu'il n'existe plus de Vendée. Une solitude profonde règne actuellement dans le pays qu'occupaient les rebelles. On ferait beaucoup de chemin dans ces contrées avant de rencontrer un homme et une chaumière, car nous n'avons laissé derrière nous que des cendres et des monceaux de cadavres1. »

Au même moment, dans un admirable élan de générosité et de miséricorde, Bonchamp, expirant sur les bords de la Loire, faisait grâce de la vieài.OOO prisonniers républicains que les Vendéens traînaient après eux .

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