Moniteur du 2 septembre
'i. Nous avons retrouvé l'original de ce décret, qui est ainsi conçu :
Art. Pr. Les commissaires de la Convention nationale dans le département des Bouches-du-Rhone prendront les mesures les plus promptes et les plus sévères pour faire punir les auteurs et complices de la rébellion des contre-révolutionnaires de Marseille, des violences.
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218 HISTOIRE DE LA TEltREUIt.
de répression récemment inventé par la Montagne et dont Bordeaux, Nantes et Lyon devaient être les plus lamentables victimes. À Marseille, l'ardeur des passions méridionales et le désir de venger la défection de Toulon en exagérèrent encore les odieux excès et la sanglante horreur.
Au moment où la Convention célébrait sa victoire sur Marseille, les Toulonais ouvraient leurs portes aux Anglais.
Comment cet acte de désespoir antipalriotique avaitil pu s'accomplir? L'étude de la situation intérieure de cette malheureuse cité va nous donner la clef de mystères qui, sans cela, seraient incompréhensibles et sembleraient contradictoires.
A la fin de 1792, un souffle insurrectionnel avait passé sur les principales villes du Midi. Toulon n'avait pas échappé à l'influence générale; le sang avait coulé dans ses rues, et neuf victimes, parmi lesquelles on
et des assassinats commis clans la personne des républicains de ces contrées.
Art. 2. Les biens des individus qui, à Marseille et dans les départements ci rcon voisins, ont levé l'étendard de la contre-révolution et de la révolte contre l'autorité nationale, sont confisqués et affectés spécialement aux indemnités dues aux patriotes opprimés de ces contrées.
Art. 3. Le ministre de l'intérieur disposera de la somme de 50,000 livres, mise à sa disposition pour fournir un secours provisoire aux veuves et enfants des citoyens de Marseille assassinés par les contre- révolutionnaires de cette ville.
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comptait le procureur général syndic, étaient tombées sous les coups des démagogues. Les Toulonais se plaignirent à l'Assemblée1; mais la conspiration du 10 août était triompha nie et les massacres recommencèrent2. L'impulsion partait de la Société populaire, que présidait un jacobin envoyé de Paris, et qui profilait de la complicité latente de la municipalité patriote. Peuà peu le clubconcentra tous les pouvoirs entre ses mains, grâce à la constitution d'un Comité central, composé de délégués des différentes associations démagogiques du département. L'armée, la ville et l'arsenal étaient soumis à sa censure, et l'on essaya vainement de résister. Le tribunal criminel subissait, comme les autres autorités, le joug de la faction montagnarde, et ceux que ne frappait pas la justice révolutionnaire étaient soumis à des contributions forcées.
A la crise politique s'ajouta bientôt la disette des subsistances. Le séjour prolongé de l'escadre dans le port et le passage des troupes destinées à l'armée d'Italie avaient absorbé les approvisionnements disponibles. Les assignats, trop nombreux, tombèrent dans le discrédit, et le prix des denrées s'éleva à des taux si exorbitants qu'il devint impossible aux ouvriers de vivre, bien que le prix de leurs journées eût été doublé. •
Le malaise était à l'état aigu quand, dans le cou-
■1. Moniteur du 9 août 1792.,
2. C'est ce que Jean Bon Saint-André, dans son rapport a la Convention, le 9 septembre 1793, appelait « s'être distingué par ce patriotisme ardent qui, dans l'âme Brûlante des habitants du Midi, devient une passion impétueuse et forte ».
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rant du mois de mai, les meneurs du club, qui rejetaient comme d'habitude la responsabilité de leurs propres fautes sur les aristocrates et les riches, arrachèrent à la faiblesse des corps administratifs une nouvelle liste de proscription. Quatre-vingts citoyens, suspects pour leurs qualités morales et les services que plusieurs d'entre eux avaient rendus â la cité ou à l'État, furent enfermés au fort Lamalgue, et auraient péri sans l'énergie du commandant, qui refusa de les livrer à leurs bourreaux.
L'émotion produite par cet attenlat durait encore quand les représentants Pierre Eayle et Beauvais, envoyés pour faire accepter la Constitution, arrivèrent à Toulon, le 28 mai. Ils n'étaient pas dans le secret des événements qui se préparaient à Paris et cherchèrent à calmer les esprits en ordonnant la mise en liberté des prisonniers1.
L'ouverture des sections de Marseille rendit inutile cette tentative de conciliation. Les clubisles voulaient à tout prix empêcher Toulon d'imiter l'exemple de sa voi-
■1, Voici en quels termes ils annonçaient cette mesure à la Convention ;
* Toulon, le i juin 1703.
' u Les représentants du peuple près l'armée d'Italie, « Au citoyen président de la Convention nationale. « Nous adressons à la Convention nationale, citoyen président, copie du procès-verbal de la séance des trois corps administratifs de ta ville de Toulon, en date du 34 mai dernier, qui a ordonné l'élargissement des personnes détenues au fort Lamalgue, et réglé les conditions de leur sortie.
« Nous avons concouru par notre présence et nos avis à cet arrêté
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