‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 118 sur 308 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

rail entrer dans une âme française. Qu'il nous soit permis cependant de rappeler que la résistance à l'oppression était considérée comme un droit par la Constitution elle-même et, qu'après avoir épuisé les voies légales, l'intervention anglaise était la dernière chance de salut des Toulonais. 11 est certain, d'ailleurs, qu'ils n'auraient jamais ouvert leurs portes sans l'engagement écrit et répété de l'amiral Hood de rendre à la paix les vaisseaux et le matériel qu'on lui confiait. Les Toulonais Turent imprudents, sans doute, de traiter avec un général sans mandat défini : coupables même de livrer, dans leur intérêt particulier, les forces qui leur avaient été remises pour la défense générale. Mais ils furent les premiers trompés et les premiers punis. Quant à la préméditation, elle n'a jamais existé; nous l'avons démontré. Si, au dernier moment, le drapeau de la monarchie couvrit la défection, on ne saurait oublier que les représentants autorisés des sections, librement consul téess avaient stipulé le maintien du drapeau tricolore.

Dans les premiers jours d'août, les troupes de la Convention, rassemblées à Bourg, recevaient l'ordre de se mettre en marche sur Lyon. Les habitants de cette ville étaient prêts à résister, grâce aux remarquables travaux exécutés pour sa défense par un habile ingénieur, enfant du pays. Bordé par le Rhône, tra-

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versé par la Saône, Lyon est commandé de trois côtés par les collines qui (^environnent. Àgnel de Chenelette, négligeant quelques restes de fortifications commencées sous François 1er, augmentées sous Louis XIII, abandonnées depuis plus d'un siècle, avait multiplié sur les hauteurs les ouvrages avancés et établi, aux abords de la place, des redoutes que protégeaient de profondes tranchées. Lyon se trouvait ainsi à l'abri d'un coup de main, sans être pour cela plus fortiûé que Mayence par l'art et la nature, comme Dubois-Crancé devait le dire quelques mois plus tard aux Jacobins.

Pendant que les travailleurs affluaient aux retranchements, les fonderies destinées à, fournir les canons entraient en activité et la Commission populaire votait une contribution de trois millions. Elle Tut répartie et payée en quelques jours par les personnes dont le revenu dépassait trois mille livres. Des dons volontaires vinrent encore grossir cet emprunt, et ces sommes réunies avaient permis d'équiper 9,000 hommes d'infanterie, une compagnie de canonniers, une centaine de cavaliers et un corps de tirailleurs, pour le service des avantpostes. C'était peu, sans doute, pour la défense d'une aussi vaste enceinte ; mais les habitants soutenaient les soldats, l'âme du peuple animait les combattants et l'on comptait sur le concours des villes voisines, de Monlbrison surtout et de Saint-Étienne. D'ailleurs les forces républicaines n'étaient pas plus considérables.

Le Comité de salut public avait confié aux représentants Gauthier et Dubois-Grancé, en mission près l'armée des Alpes, le soin de rétablir l'ordre dans la

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