LIVRE XLV
après avoir cerné l'armée sarde sur la Maurienne et la Tarentaise, les Lyonnais, exaspérés par l'atrocité de la répression, étaient déterminés plus que jamais à la résistance. Le bombardement reprit donc avec une nouvelle violence; mais, tandis qu'à Lyon les munitions et les ressources s'épuisaient avec rapidité, les troupes de la Convention recevaient chaque jour de nouveaux renforts.
Le plus utile fut la garnison de Valenciennes, obligée partraitéà ne plusservircontrel'armée austro- prussienne. Elle arriva devant Lyon dans les premiers jours de septembre et y rendit les mêmes services que la garnison de Mayence dans la Vendée. A cette date, la disetle commençait déjà à se faire sentir parmi les assiégés. Us recevaient encore quelques vivres du Forez, mais le détachement laissé à Montbrison ayant été obligé de se replier, le blocus se trouva complet le 17. Le fléau de la famine se joint dès lors aux ravages de la canonnade et, pour en accélérer les effets, les représentants qui. depuis six semaines, accordaient quelques aliments aux ouvriers émigrés de Lyon avec leur famille, restreignent subitement leurs secours et essayent même d'intercepter toute sortie.
Ce n'était pas encore assez au gré du Comité de salut public. Il trouvait Kellermann trop mou et Dubois- Crancé trop lent. Accusé de trahison par Amar en pleine Convention1, dénoncé aux jacobins comme conspirateur par Robespierre2, Kellermann est sacrifié le pre-