Moniteur du 41 octobre
et les plus compromis parmi ceux qu'attendaient les rigueurs de la Convention prirent place au milieu des soldats avec leurs femmes et leurs enfants. Leur présence compliquait singulièrement la retraite, maisPrécy ne veut laisser personne derrière lui. 11 divise cette foule confuse en deux colonnes : à l'arrière, il place Vitieu avec le trésor de l'armée et, prenant lui-même le commandement de l'avant-garde, il donne le signal du départ le 9 octobre, à six heures du matin.
La nécessité avait tracé d'avance la route a suivre, et les Lyonnais se dirigent en silence vers le faubourg de Vaize. Les assiégeants veillaient de leur côté et avaient pris leurs précautions pour qu'aucun des défenseurs de Lyon ne pût échapper. De forts détachements occupaient tous les passages avec de la cavalerie et du canon, et de nombreux espions informaient les représentants des moindres mouvements des Lyonnais. Ceux-ci apparaissent enfin et s'engagent dans le chemin creux de Saint- Cyr. Ils se croyaient sauvés, quand une effroyable décharge éclate tout à coup. C'était le feu de cinq batteries républicaines qui leur barraient le passage.
La colonne commandée par Précy, Parrière-garde aux ordres de Virieu, sont successivement écrasées. Les survivants se dispersent dans toutes les directions; mais où trouver un refuge? Les paysans, dont on a excité d'avance les plus basses convoitises, sont en embuscade sur les routes, derrière les murs ou derrière les haies. Partout le tocsin sonne. Dans les champs comme dans les villages, on traque les fugitifs, on les poursuit jusqun dans les bois, on les tue et on les pille. C'est