‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 167 sur 308 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

devant la Convention. Je compte trop sur sa justice pour n'être pas sûr que, dès qu'elle m'aura entendu, toutes les préventions qui auraient pu s'élever sur mon -compte seront dissipées.

« Je suis, avec respect, le citoyen

« J.-M. Beysser ».

Cette lettre fut renvoyéeau Comitédesalutpublic, qui accepta les explications de Beysser et lui rendit même toute sa confiance. Au prix de quelles promesses le général était-il rentré en grâce ? C'est ce que l'arrêté suivant va nous apprendre.

« Sur l'avis donné au Comité de salut public de la retraite des ci-devant députés mis hors la loi dans les départements de la ci-devant Bretagne et de l'effet dangereux que produit leur présence dans ces pay§;

« Yu la nécessité .de dissiper le noyau de la force année des rebelles qui subsiste encore dans ces départements;

« Attendu l'inexécution constante des décrets de la Convention delà part des autorités constituées, surtout des administrateurs de ces déparlements; ...

« Le Comité a chargé le général de brigade Beysser de surveiller l'exécution des décrets rendus contre les «i-devant députés mis hors la loi et les administrateurs mis en état d'arrestation et décrétés d'accusation. Il est autorisé également à dissiper le reste de la force année des rebelles à la loi, à en arrêter les chefs et à prendre tous les moyens qui seront en son pouvoir, pour faire traduire à Paris les conspirateurs qui se sont refusés

à l'exécution de la loi dans la ville de Rennes,. »

Comme on le voit, il s'agissait bien moins d'une expédition militaire que d'une mission politique, et ce soldat brillant, que sa belle figure, sa grande taille et son courage au feu avaient jusqu'alors entouré d'une auréole martiale, acceptait de rendre des services qu'on n'obtient jamais d'un général. '

S'il pouvait rester quelques doutes à cet égard, ils seraient levés par le second arrêté qui, à huit jours d'intervalle, suivitcelui que nous venons de rapporter5. Le Comité de salut public approuvait cette fois « le parti pris par le ministre de la justice d'employer, sur lès fonds à sa disposition, une somme de cent mille

1. Cet arrêté avait été pris dans la séance du 20 août 4793 où siégeaient lîarère, Couthon, Hérault, Prieur, Robespierre et Thuriot.

Page 1