VIII
volulionnaires nantais. Oui, continue-t-il en interpellant directement le maire, tn savais que, dans une maison dont les fenêtres n'ont pas été ouvertes pendant le siège, il y avait douze cents couverts préparés pour les rebelles. »
— « Tu en as menti », s'écrie Baco, incapable de se contenir à cette indigne calomnie.
Danton, du haut du fauteuil delà présidence, rappelle à l'ordre l'audacieux qui se permet de répondre à un membre de la Convention; mais Legendre trouve qu'if faut un châtiment plus sévère et demande le renvoi des pétitionnaires au Comité de sûreté générale et l'arrestation de leur interprète. L'Assemblée approuve et Baco, convaincu d'outrage envers la représentation nationale, est envoyé à l'Abbaye1.
Beysser avait eu l'habileté de ne pas accompagner la députation chargée de demander sa réintégration. Il la suivit de près et, le 7 août, il adressait au président de la Convention une lettre, dont le ton d'humilité contraste singulièrement avec la mâle énergie de ses défenseurs.
« Citoyen président, En exécution du décret de la Convention qui me mande à la barre, j'arrive a Paris. Je suis prêt à paraître
1, Nous avons retrouvé la minute du décret rendu le 2 août contre Baco; il est ainsi conçu :
a La Convention nationale décrète que le citoyen Baco, maire de Nantes, qui, étant à la barre, a outragé la représentation nationale, dans la personne d'un de ses membres, en lui dUant tu en as menli, sera sur-le-cliamp mis en état d'arrestution à l'Abbaye. »
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France