‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 17 sur 308 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

faire partout des visites domiciliaires, multipliaient les arrestations et mettaient la maïo sur toute correspondance suspecte, fût-elle couverte par le contre-seing d'un membre de l'Assemblée. En même temps, pour tromper l'esprit public et faire à bon marché montre de désintéressement, le Comité central insurrectionnel promettait de donner sa démission, pendant qu'Henriot, improvisé le 31 mai commandant en chef des sections armées, déclarait de son côté être prêt à résigner ses pouvoirs et à rentrer dans son obscurilé- En réalité ni l'un ni l'autre n'avaient la pensée qu'on dut les forcer à remplir leurs engagements, car ils savaient par expérience combien il est facile d'égarer les Parisiens en faisant retentir à leurs oreilles les mois de patriotisme, d'abnégation , de dévouement à la cause du peuple1, le

4. Voici en quels termes le Comité révolutionnaire avait dès le 4 juin promis de déposer ses fonctions. On verra qu'il y mettait pour condition qu'on payât au préalable les prétoriens armés par lui lors du coup d'État ; la condition Tut remplie, mais le Comité ne s'en perpétua pas moins dans les pouvoirs qu'il avait usurpés.

COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Séance du 4 Juin, au matin.

Présents : Cambon , Guyton, Barère, Lindet, Delacroix, ïreiJtiard et Datiion,

« Paris, Comité révolutionnaire :

« Le Maire de Paris, mandé par une lettre de ce jour, s'est rendu au Comité avec quatre membres du Comité révolutionnaire. Ces derniers sont convenus de la nécessité de déposer leurs pouvoirs, et proposent de le faire à l'Assemblée convoquée par le département à jeudi, ou même auparavant, si on satisfait à la promesse de la solde

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Comité insurrectionnel se borna à changer de nom; il s'intitula Comité de salut public du département de Paris, et continua, sous cette nouvelle qualification, le cours de ses illégalités et de ses déprédations. Quant à Henriot, il vint au sein du Conseil général renouveler l'offre de sa démission ; le président fit l'éloge de son désintéressement et lui donna, au nom de la Commune, l'accolade fraternelle, en l'invitant a ne quitter ses fonctions qu'après qu'il aurait été remplacé. Henriot ne crut pas devoir refuser cette preuve de dévouement. Il fit plus : le jour de l'élection arrivé,

des gardes nationales et citoyens qui ont pris les armes les 31 mai dernier, 1" et 2 de ce mois, »

M. Louis Blanc commet une grave erreur en affirmant (t.VIII,p, 47!)) que, des onze citoyens qui composaient le Comité révolutionnaire, nul ne ressentit le désir de faire survivre son pouvoir à la circonstance. Prédisposé iv croire à la sincérité des promesses des démagogues, l'historien dont nous parlons n'a pas pris la peine de vérifier les faits. Nous avons retrouvé, pour noire part, un grand nombre de pièces émanant du Comité insurrectionnel qui, pour donner le change à ses détracteurs, avait pris le nom de Comité de salut public du déparlement do Paris; it siégeait rue Saint-Honoré. en face de l'église Saînl-Roch.

Ces pièces sont revêtues des signatures de Marchand, Horny, Primerose, Maignet, Chéry, Delespine, c'est-à-dire des membres les plus importants du Comité primitif.

Elles prouvent en outre :

1° Que les membres de ce Comité touchaient chacun une indemnité de 6 francs par jour;

â" Que les membres de la commission inspectante des postes, autrement dit le c&binelnoir, qui était sous la surveillance de ce Comité, avaient un traitement individuel de 10 francs par jour;

3° Que ce Comité fonctionnait encore le 20 août 1793, c'est-à-dire près de trois mois après les événements du 31 mai.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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