COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Présenls : Barère, Carnot, Billaud-Varennes, Hérault, Prieur (de la Côte-d'Or) et Prieur (de lu Marne}.
Le Comité de salut public, d'après les renseignements qu'il a rpçus des représentants du peuple envoyés près de l'armée des côtes de Brest, a arrêté que le citoyen Carrier, représentant du peuple dans le département d'Ille-el-Vilaine, se rendra sur-le-champ à Nantes, pour l'exécution des mesures prescrites par le décret du 5 août dernier, concernant les divers membres des autorités constituées à destituer et pour y prendre, conformément aux pouvoirs qui lui son délégués, toutes les mesures de salut public.
Séance du 21 septembre 1793.
Séance du 29 septembre <793.
fut inventée la fameuse conspiration des prisons. Des généraux sacrifiés par la Révolution, le seul qui eût avili son épée périt sur l'échafand avec Gobel, l'évêque apostat, l'extravagant Chaumette, le malheureux Dillon et îa veuve de Camille Desmoulins. Son histoire présente un grand enseignement. Elle montre qu'à une époque où la démagogie semblait priser la soumission comme la première vertu d'un chef militaire, cette criminelle défaillance était impuissante elle-même a assurer une entière sécurité. Beysser ne put échappera la proscription, quoiqu'il eût eu la faiblesse de servir les proscripteurs.
Comme tous les gouvernements qui cachent, sous le despotisme de la forme, la fragilité de leur nature, le Comité de salut public n'admettait pas qu'on résistât à ses volontés; mais, ce qu'il redoutait le plus, c'était la résistance des commandants d'armée. Créé le lendemain de la défection de Dumouriez, avec la mission de prévenir le retour d'événements heureusement fort rares pour notre honneur militaire, il devait, parla loi même de sa constitution, considérer la moindre omission, la moindre négligence, la moindre faute comme autant de crimes qu'il fallait impitoyablement réprimer. Parmi les généraux, ceux qui avaient commencé leur carrière sous la monarchie étaient les plus suspects et furent les premiers atteints. Le Comité se rendait parfaitement compte que le dévouement suppose une personne envers