‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 199 sur 308 · Moniteur du 2 avril · texte numérisé non relu

Moniteur du 2 avril

3o0 HISTOIRE DE LA TERREUR.

« Art. 2. Tout théâtre, où seraient représentées des pièces tendant à dépraver l'esprit public, ou à réveiller la houleuse spéculation de la royauté, sera fermé et les directeurs seront arrêtés et punis suivant la rigueur des lois.

« La municipalité, est chargée de l'exécution du présent décret1. »

La réalisation de cette dernière menace ne se fit pas attendre. François de Neulchâteau, ancien membre de l'Assemblée législative, avait donné au théâtre de la Nation, aujourd'hui l'Odéon, une pièce, Paméla ou la Vertu récompensée, pastiche de Goldoni et de la Naninè de Voltaire. Les corrections exigées par la censure avaient été faites ; mais la pièce, par ses principes, se rapprochait des tendances de Y Ami des lois, de Laya; l'auteur ne combattait point assez vivement « le préjugé de la naissance », et son œuvre ne fut pas trouvée suffisamment civique. Un vers surtout exaspérait les Jaco-

4. Elle n'avait pas attendu pour agir la proclamation officielle de son droit. Des plaintes ayant été portées contre l'administration du théâtre de l'Opéra, qui refusait de jouer une pièce soi-disant patriotique, le Siège de ThionviUe, la Commune avait pris, le 18 juin, une délibération ainsi motivée :

« Le Conseil général considérant que, depuis longtemps, l'aristocratie s'est réfugiée cliez les administrateurs des différents spectacles;

<i Considérant que ces Messieurs corrompent l'esprit public par les pièces qu'ils représentent;

a Considérant qu'ils influent d'une manière funeste sur la Révolution;

t« Arrête que le Siège de Thionville, pièce vraiment patriotique, sera représentée gratis et uniquement pour l'amusement des sansculottes qui, jusqu'à ce moment, ont été les vrais défenseurs de la liberté et les soutiens de la démocratie. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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