LIVRE XLV1I
Déjà, à la suite de l'impression produite par Y Ami (les lois, la Commune avait mis tout en œuvre dans le but d'empêcher des représentations dangereuses pour la politique de la faction montagnarde'. Restée maîtresse du terrain, elle continua ses empiétements et revendiqua hautement la police théâtrale. Quand, au bout de six semaines, Lava voulut faire reprendre sa pièce, le Conseil général opposa une seconde fois son veto, et masqua sa résistance en adressant à la Convention un projet d'arrêté, destiné tout à la fois à demander la censure du Comité d'instruction publique sur le répertoire des théâtres et à proposer la création d'un spectacle populaire5.
Celte requête resta sans réponse et les meneurs de l'Hôtel de Ville n'obtinrent satisfaction que le 3 août. A i'approche de la fête de la fédération, le Comité de salut public sentait le besoin de réchauffer le zèle des masses populaires, et avait fait prendre par la Convention le décret suivant :
« Art. Ie'. A compter du h de ce mois et jusqu'au 1er septembre prochain, seront représentées trois fois la semaine, sur les théâtres de Paris qui seront désignés par la municipalité, les tragédies de Brutus3 Guillaume Tell, Caïus Gracchus et autres pièces dramatiques retraçant les glorieux événements de la Révolution et les vertus des défenseurs de la liberté. Une de ces représentations sera donnée, chaque semaine, aux frais de la République.