‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 201 sur 308 · Moniteur du îi septembre · texte numérisé non relu

Moniteur du îi septembre

Une fois lancés sur celte pente, les Jacobins multiplièrent les dénonciations, pour réprimerce qu'ils nommaient un nouveau genre de contre-révolution. Une pièce intitulée Adèle de Sacy, qu'on jouaitau théâtre du Lycée, établi dans le Palais-Égalité, excita les colères du club sans-culotle. A la séance du k septembre, au lendemain de la diatribe de Barère, un orateur demanda que les musiciens fussent, arrêtés en même temps que les comédiens : « Car ceux-là sont du complot, fit-il observer, qui se plaisent à racler des airs chers aux ennemis du peuple. »

Rousselin renchérit eu termes cyniques sur celte motion virulente. « Les crimes des comédiens ordinaires du roi3 s'écrta-t-il en parlant du Théâtre- Français fermé par un décret de la veille, ne datent point d'aujourd'hui ; ils sont de l'origine la plus vieille -et la plus gangrenée. Mâles et femelles, tous ont, depuis la Révolution, conspiré contre la liberté. Il ne faut point d'exception. Les femmes sont bonnes, quand elles sont patriotes ; mais elles sont atroces, quand elles sont aristocrates... Je demande que tous les pensionnaires du ci-devant veto soient, attendu leur qualité bien notoire de gens suspects, détenus tous saris exception, jusqu'à la paix, dans des maisons de force, et jetés à cette époque sur les plages de quelque pays despotique, où ils porteront leur talent monarchique et efféminé, que la République eût déjà dû proscrire à jamais de son sein ; je demande que pour purifier ce local infecté depuis si longtemps par les gens du bon ton, il y soit établi un club où les sansculottes des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Mar-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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