‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 202 sur 308 · LIVRE XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVII

ceau feroot entendre les accents purs de la liberté. »

On le voit, le citoyen Rousselin était, par son éloquence, à la hauteur de la mission qu'il avait reçue du Comité de salut public, de rédiger un journal républicain, conçu dans les vrais principes révolutionnaires'.

Il obtint d'ailleurs gain de cause, car les acteurs du théâtre de la Nation, après quatre mois d'emprisonnement, adressaient, le 5 nivôse, à la Convention, une pétition pour solliciter leur mise en liberté. Ils exposaient qu'on n'avait rien trouvé chez eux qui pût les compromettre, et qu'ils avaient attendu bien longtemps, avec une respectueuse résignation, la décision de l'Assemblée. Maïs la misère, où leur captivité réduisait leurs familles, les obligeait à implorer leur élargissement, et ils s* es Limeraient heureux si l'on confiait à leur talent « le soin de propager dans tous les cœurs les principes républicains ef l'amour de la liberté ». Celte pétition fut

'I . Voici la leneur de l'arrêté qui avait établi Rousselin en coredresseur de l'esprit public :

COMITÉ DE S A. LUT PUBLIC

Séance du 8 août 1793.

Présents : Couthoo, Barère, Thuriot, Hérault.

« Le Comité de talut public, considérant qu'il est urgent de .rétablir le cours de l'opinion publique, si perfidement dépravée par une multitude de journaux contre-révoIutiQnnaires ou au moins inexacts et insignifiants;

« Ajoutant à son arrêté du 3 août 1793, par lequel il a établi un journal républicain, arrête que le citoyen Garât est chargé de la rédaction de ce journal avec le citoyen Rousselin, lequel est autorisé à acquérir, pour le citoyen Garât, les soumissions des journalistes qui «friront leurs correspondances. »

vin. 33

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

renvoyée au Comité de sûreté générale, qui relâcha les comédiens, en les engageant à se moraliser

Les artistes de l'Opéra, qui tremblaient de subir le même sort que leurs infortunés camarades, se hâtèrent de venir protester à la Commune de leur dévouement aux institutions républicaines \ Ils déclaraient à la séance du 7 septembre que, loin de s'opposer à la représentation des pièces patriotiques, ils les avaient toujours bien accueillies, et qu'ils avaient même engagé des auteurs à composer des ouvrages favorables à la liberté et à l'égalité.

Le procureur de la Commune, sans se laisser gagner par ces protestations intéressées, fit observer que l'Opéra avait été longtemps un foyer de contre-révolution, non pas à cause des artistes, dont le patriotisme n'était pas suspect, mais à cause des sentiments aristocratiques des administrateurs. 11 condescendit néanmoins à reconnaître qu'il fallait encourager l'Opéra qui « fait fleurir des arts agréables » ; et il requit l'insertion aux. affichés de l'adresse des artistes, avec mention civique de leur conduite, et promesse de la part du conseil de les protéger, tant qu'ils seront patriotes, contre les persécutions de leurs ennemis 8.

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