‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 204 sur 308 · LIVRE XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVII

Jaloux de mériter encore plus les bienfaits et les éloges de la Commune, les artistes de l'Opéra s'empressèrent de fonder un prix de 1,200 livres destiné à l'auteur dont l'ouvrage, en trois actes au moins, aurait été jugé te meilleur et le plus républicain l.

Cette invasion de la politique dans l'art le moins fait pour la comprendre, était la ruine de l'Opéra, et les directeurs déclarèrent qu'ils allaient fermer. La Commune l'es fit arrêter comme suspects, et saisissant en même temps leur matériel, autorisa les artistes à s'administrer provisoirement *.

Dès lors, toute résistance cesse et dans chaque théâtre, sur l'affiche journalière, les titres les plus étranges remplacent les chefs-d'œuvre de l'ancien répertoire. Ce qu'on demande, c'est moins la satisfaction de l'esprit que le plaisir des yeux, et la première condition de l'admission, comme celle du succès, est l'exagération des doctrines républicaines. Sur ce point, la censure est inflexible et personne, fût-il même représentant du peuple, n'échappe à ses arrêts. Bientôt les pièces reçues au début de la Révolution sont taxées de modérantisme; le Caïws Gracchus de Chénier, acclamé en 1793, est interdit en 1794, et le Timoîéon du même auteur est brûlé par les ordres du Comité de sûreté générale, comme jadis les livres dangereux par la main du bourreau. Dans son désir de régénération, la dictature avait voulu élever le théâtre jusqu'aux plus hauts sommets de l'art;

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