‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 228 sur 308 · LIVRE XLYIII · texte numérisé non relu

LIVRE XLYIII

norer, en prenant la défense d'un aristocrate tel que Dillon K

Le nouveau Comité de salut public se composait presque entièrement de Montagnards, marchant sous le drapeau de Robespierre; il était naturel qu'ils tinssent à posséder leur chef parmi eux. Gaspariu s'étant retiré le 2/t juillet, pour cause de maladie1, Jean Bon-Saint- Àndré proposa le 27 à l'Assemblée de remplacer le membre démissionnaire par le grand-prêtre de la démagogie. On" avait si bien compté d'avance sur l'assentiment de la Convention que, dès le 26, avant même d'avoir sa nomination officielle, Robespierre siégeait au Comité.

Son entrée dans le sanctuaire fut le signal d'un redoublement de rigueurs. Le 28 juillet, Saint-Just présentait, au nom deses collègues, un décret qui mettait hors la loi seize députés et qui en renvoyait neuf autres au Tribunal révolutionnaire. Trois jours après, le 1" août,

4. Cette prétendue conspiralion de Dillon, qui servit de prétexte à une si terrible aggravation du rigueurs contre la famille royale, était si peu prouvée, 1° qu'on laissa Dillon tranquille en prison, pendant plus de neuf mois, et que les démagogues ne songèrent à l'envoyer au Tribunal révolutionnaire qu'après la mort de Camille Desmoulins ; 2° que plusieurs des individus désignés par Cambon comme les complices de Dillon, furent relâchés quelques jours après leur arrestation.

2. 11 mourut six mois après dans le Midi, où il avait demandé it être envoyé en mission.

Barère, au nom du môme Comité, faisait adopter deux autres décrets plus terribles encore : l'un autorisait d'avance toutes les atrocités que Rossignol et ses acolytes allaient bientôt commettre en Vendée1; l'autre ordonnait : 1" que Marie-Antoinette serait sur-le-cliamp traduite au Tribunal révolutionnaire; 2° que tous les autres Bourbons* qui n'étaient pas sous le glaivedela loi, seraient déportés; 3° que la dépense des deux orphelins du Temple serait réduite au strict nécessaire pour l'entretien et la nourriture de deux personnes; 4° enfin, profanation abominable! que les tombeaux et mausolées des ci-devant rois, élevés, soit dans l'église de Saint- Denis, soit dans tout autre lieu, seraient détruits, le 10 août, jour anniversaire de la chute de la royauté.

A l'occasion de ce même rapport, où Barère fulminait contre les menées de l'étranger et surtout contre les manœuvres de l'Angleterre, Danton proposa de donner une extension considérable aux pouvoirs du Comité de salut public. Il demandait que le Conseil exécutif, établi depuis la journée du 10 août, fût supprimé comme un rouage inutile. A sa place le Comité érigé en gouvernement provisoire aurait les ministres comme commis; en outre, un, crédit de 50 millions serait mis à sa disposition, quand bien même, ajoutait Danton, il devrait les employer tous en un seul jour.

Page 1