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À ces mots seulement, la Gironde soupçonne le piège tendu à sa bonne foi, et demande à son tour le rapport du décret qui vient d'être rendu, afin d'avoir le temps de préparer sa liste; mais il était trop tard, on oppose la question préalable, et quelques insLants après, le président Jean Debry proclame membres du Comité, Osselin, Alquier, MéauIIe, Garnier (de Saintes), Camus et Lecointe-Puyraveau1. De cette façon, Garnier avait reçu la récompense de son intrigue, et la Gironde avait laissé échapper l'occasion de reprendre, dans le Comité, la majorité qu'une première faute lui avait fait perdre.
L'envoi de Maribon-Montaut et de Ruamps aux armées de la Moselle et du Rhin, rendit bientôt nécessaires de nouvelles nominations. On se trouvait à cette sombre époque de la trahison de Dumouriez. L'irritation était grande et l'inquiétude générale; la Convention siégeait en permanence, nuit et jour, depuis le 3 avril; les rumeurs les plus contradictoires circulaient à tous moments, et chacun proposait les mesures qui lui semblaient les plus propres à assurer le salut public.
Dans la séance du 9 au matin, Doulcèt annonce que, au premier bruit d'uue descente des Anglais sur les côtes du Calvados, les communes de ce département se sont réunies au chef-lieu et ont juré de mourir en défendant la République. Aussitôt Carrier, dont le nom , n'avait pas encore acquis sa sanglante notoriété, propose de remplacer les deux membres absents et d'adjoindre au Comité quatre, suppléants, afin de lui
i. Moniteur du 26 mars -1793.
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permettre de mieux répondre aux exigences du moment. Il propose Brival, Cavaignac, Lanot, Leyris et Maure.
La Convention les nomme et l'envoie lui-même siéger au Comité '.
La Gironde s'était désintéressée de l'élection. En prévision des dangers qui la menaçaient, elle allait bientôt placer les Comités de salut public et de sûreté générale sous la surveillance d'une commission spéciale de douze membres, dont nous avons déjà raconté l'existence éphémère', et qui ne put la défendre contre le coup d'État du 2 juin.
Le lendemain du triomphe de la Montagne, le Comité de sûreté générale perdait une partie de son importance, et beaucoup de ses membres préférèrent, au labeur quotidien des bureaux, les honneurs plus éclatants des missions. Il fallut donc le renouveler; on commença par le réduire à neuf membres et, dans la séance du 16 juin, Dumont (de la Somme), Legendre (de Paris), Méaulle, Amar, Bassal, Guffroy, Laignelot, Lavicomterie et Pinet aîné' furent appelés à en faire partie.