LIVRE XLVIII
action propre à imprimer qu'une impulsion extérieure à recevoir. C'est par conséquent dans le choix de ses membres, dans leur communauté de sentiments ou leur opposition d'idées avec les maitres du jour, que réside le principal intérêt de son étude.
L'élection du 2-3 janvier avait remis la majorité entre les mains de la faction montagnarde». Par suite, le Comité ne sut, ni ne voulut entraver la conjuration du 9 mars. En revanche, il était toujours prêt à croire aux complots imaginaires que la Montagne voyait partout, et dont elle se servait pour entretenir l'agi talion parmi les masses populaires.
Dans la séance du 25 mars, Garnier (de Saintes) se fit l'interprète de ces craintes chimériques. « J'ai, dit-il, des éclaircissements à donner au Comité de sûreté générale, sur un commencement de conspiration ourdie à Paris, et d'où dépend la sûreté de cette ville. Mais le Comité n'est pas en nombre, par suite du départ de plusieurs de ses membres, qui ont accepté des missions. Je demande qu'on s'occupe à l'instant de le renouveler. »
La proposition semblant naturelle, la Convention confie à son bureau le soin de désigner les six membres qui manquent.
« Du reste, ajoute Ingrand, qui craintd'impressionner trop vivement l'Assemblée, Garnier a parlé d'une grande conspiration. Il n'y a rien d'alarmant; ce n'est qu'une simple mesure de police à prendre. »