‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 240 sur 308 · LIVRE XLVI1I · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI1I

que ses fonctions mettaient en rapport direct avec les personnes, ne tarda pas à en faire l'expérience et à en fournir la preuve. Les abus s'étaient multipliés a l'infini et les dénonciations se produisirent publiquement.

Le 8 septembre, aux Jacobins, Maure attaqua le Comité en masse. Il reprochait à tous ses membres de céder trop fréquemment à un genre particulier de séduction, l'abondance dés dîners, qu'ils ne savaient pas refuser; mais chacun comprit que l'accusation avait une portée plus étendue, et que là ne s'étaient pas bornés les actes de faiblesse ou de transaction.

Robespierre assistait à la séance; peut-être même w avait-il provoqué les dénonciations; en tout cas, il s'empressa d'en profiter. « Il ne suffit pas, dit-il, de montrer le mal, il faut encore indiquer le remède. Maure fait partie du Comité1; c'est à lui qu'il appartient d'en réclamer ia dissolution. »

Effectivement, à la séance de la Convention du lendemain, Drouet et Maure demandent la parole pour une motion d'ordre. « Le Comité de sûreté générale, déclare. le premier, ne peut, constitué comme il l'est, remplir les intentions de l'Assemblée. Il faut le réorganiser, le réduire une fois encore à neuf membres et décider que chaque fois qu'une vacance se produira dans son sein, il sera immédiatement procédé au remplacement. »

■I. Maure était entré au Comité, le 9 avril, comme suppléant. 11 semble qu'il en soit sorti le 16 juin. Nous n'avons pas pu retrouver à quel titre il siégeait encore le 8 septembre.

vm. 27.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

« J'appuie celte motion, ajoute Maure; le Comilé est trop vieux, il est sans cesse entouré de corruption, on doit l'en défendre. »

Julien (de Toulouse), tout en se ralliant à l'opinion du fougueux représentant, fait observer « que ce ne sont point ceux qui ont constamment la main à la charrue qui viennent dénoncer leurs collègues ». Cependant, il ne s'oppose pas à la prise en considération.

L'élection n'eut lieu que le dl septembre et appela au Comité régénéré Panis, Lavicomterie, GulTroy, Chabot, Àlquier, Lejeune (de l'Indre), Basire, Garnier (de Saintes) et Julien (de Toulouse). Moïse Bayle, Lebon, Drouet, Lebas et Gaston devaient le compléter au besoin comme suppléants1.

Trois jours plus tard, par une de ces évolutions si fréquentes dans l'histoire' de la Convention, le Comité subissait un nouveau renouvellement. Ce brusque chan-. gemenl était dû à des causes diverses. Le moment approchait où les Girondins allaient être décrétés d'accusation. Le rôle du Comité de sûreté générale, à qui in-

1. Cette élection esL la dernière où la Convention ait usé de son droit de nomination directe et mérite à ce litre d'être 'signalée. Les volants du reste ne sont pas plus nombreux qu'aux scrutins précédents, et c'est toujours la même minorité qui domine l'Assemblée. Les suffrages s'étaient répartis ainsi qu'il suit :

Panis 108 voix. Garnier 68 voix.

Lavicomterie 102 » Julien 66 i>

Guffroy n » Bayle 63 »

Chabot 86 » Lebon 55 »

Alquier .' 83 » Drouet 54 »

Lejeune. 82 » Lebas ............ 53 »

Basire 80 » Gaston.. . : 52 »

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