‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 243 sur 308 · LIVRE XLVI1I. m · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI1I. m

l'inspection immédiate des corps constitués et des fonctionnaires publics, spécialement du conseil exécutif et des ministres. Au Comité de sûreté générale est délégué tout ce qui est relatif aux personnes et à la police. La surveillance de l'exécution et de l'application des lois révolutionnaires devient de la sorte le principal attribut de ses fonctions. Cette surveillance s'exerce, dans les départements, au moyen des districts, qui sont chargés de lui rendre compte tous les dix jours. Ces derniers contrôlent à leur tour les municipalités et les Comités révolutionnaires, à qui appartient l'application.

A Paris, par une exception dont le but est de ne pas entraver l'action de la police, les Comités révolutionnaires correspondent directement avec le Comité de sûreté générale; mais partout, il est interdit aux autorités intermédiaires de prononcer l'élargissement des personnes arrêtées.

Il ne restait plus qu'à assurer l'unité dans la direction, de même -qu'on avait établi l'indépendance dans l'action. Ce résultat fut atteint par des réunions plénières, où le Comité de sûreté générale et le Comité de salut public délibéraient en commun, une fois par semaine, sur les mesures destinées à assurer la tranquillité publique.

Cette organisation, à la fois si simple et si puissante, enserrait la France comme dans les replis d'un vaste filet. Rien ne pouvait échapper à ses mailles étroites et, des institutions révolutionnaires, aucune "ne fut plus despotique que le Comitéde sûreté générale. Son histoire, qui n'est écrite nulle part, est inscrite partout.

m HISTOIRE DE LA TERREUR.

A la différence du Comité de salut public, où la nature et la gravité des questions débattues entretenaient une ampleur de vues qui n'était pas sans grandeur, la mission du Comité de sûreté générale, restreinte aux questions de personnes, ne pouvait développer que les instincts bas et cruels de l'humanité. Occupés chaque jour à recevoir des dénonciations, vivant dans l'atmosphère des prisons, commandant au Tribunal Révolutionnaire, investis de pouvoirs sans contrôle et sans limite, ses membres ne tardèrent pas à couvrir leurs préventions et leurs excès du manteau commode de la raison d'État.

- Ces hommes impitoyables on t été peints de main de maître par un de leurs contemporains. « Leur teinl et leur physionomie étaient flétris, dit Dussaulx1, sans doute par le genre de travaux pénibles et nocturnes auxquels ils se livraient. L'habitude et la nécessitédu secretavaient imprimé sur leur visage un sombre caractère de dissimulation. Leurs yeux caves, ensanglantés, -avaient quelque chose de sinistre. Le long exercice du pouvoir avait laissé sur leur front et dans leurs manières, je ne sais quoi d'altier et de dédaigneux. »

On avait tremblé devant eux, pendant l'exercice de leur redoutable dictature ; on tremblait encore à leur vue, quand ils comparurent devant le Tribunal Révolutionnaire.

Fragment pour servir à l'histoire de la Convention nationale-

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