‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 242 sur 308 · LIVRE XLVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVIII

Elle éliminait Chabot, Basire, Julien (de Toulouse) , avec trois autres de leurs collègues, et le Comité rétabli au nombre de douze se trouvait composé de Vadier, Panis, Lebas, Boucher-Saint-Sauveur, David, Guffroy, Lavicomterie, Amar, Ruhl, Lebon, Voulland, et Mofse Bayle*.

Sa constitution est désormais définitive; le Comité est sorti des hésitations qui ont marqué ses commencements et ses transformations successives. Façonné à l'image du Comité de salut public, il va marcher du même pas que lui et, comme son modèle, il n'éprouvera plus, jusqu'au 9 thermidor, que des changements sans importance3.

Le Comité de sûreté générale, à son origine, avait eu pour mission principale le soin desurveiller dans Paris les ennemis de la chose publique, de poursuivre les contrefacteurs d'assignats et d'arrêter les agents de l'étranger.

1. Chabot et Basire, accusés d'agiotage et de falsification des décrets relatifs à la compagnie des Indes, furent arrêtés en novembre 1793 et condamnés à mort par le Tribunal révolu tionnajre le 5 avril 1794. Julien, poursuivi avec eux, échappa au même sort par la fuite.

S. Cette liste avait été arrêtée dans la séance du Comité de salut public du 13 septembre, par Billaud-Yareones, Carnot, Collot d'Herbois, Prieur, Robespierre et Thuriot,

3. Occupés dans les missions, Lebas et Lebon ne firent que passer au Comité de sûreté générale et furent remplacés, ainsi que Boucher-Saint-Sauveur, par Dubarran, Jagot et Louis (du Bas-Rhin),

422 HISTOIRE DR LA TElîREUU.

Le développement logique des événements révolutionnaires étendit peu à peu sa compétence à la France entière, et lui attribua, d'une façon indéfinie, le mandat de veiller à la sûreté de l'État. Des pouvoirs aussi vastes confinaient à ceux du Comité de salut public, lis pouvaient amener des conflits entre deux autorités placées au début sur le même plan, et séparées depuis par la marche ascendante du Comité de salut public, arrivé successivement à attirer à lui la direction effective des affaires. Un règlement d'attributio.is devenait de jour en jour plus nécessaire. Le partage se fit sur la base des institutions et des personnes.

Dans la séance du 10 octobre^ la Convention, sur le rapport de Saint-Just, avait suspendu l'exercice de la Constitution et proclamé le gouvernement révolutionnaire. Billaud-Varennes, développant la même pensée, vint le 18 novembre proposer, au nom du Comité de salut public, de convertir en actes les principes adoptés le mois précédent. Voici comment, dans le langage à antithèses et h double sens qui lui était familier, il exposait les règles fondamentales du nouveau régime.

La Convention est « le centre unique de l'impulsion du gouvernement ». A ce titre, elle conserve seule le droit d'interpréter les lois et de nommer les généraux en chef des armées de terre et de mer ; a la fin de chaque mois, les Comités de salut public et de sûreté générale doivent lui rendre compte des résultats de leurs travaux; mais ces Comités sont les véritables maîtres du pouvoir.

Au premier appartient le gouvernement, c'est-à-dire

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