I. Voir tome VI, page
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
demi-milliard, couvrirent la France d'un réseau de despotisme. Recrutés en général parmi les plus fougueux démagogues, leurs membres composaient une armée formidable dont le dévouement a la cause de la Révolution était d'autant plus absolu, qu'en servant leurs haines personnelles, ils s'abritaient d'instinct sous cette maxime de toutes les tyrannies, que Napoléon devait formuler, plus tard, en disant que les crimes collectifs n'engagent personne.
Les Comités révolutionnaires devinrent en peu de temps des instruments si énergiques, que la Convention s'émut de leurs empiétements el se préoccupa de réprimer leur ardeur.
Le 18 octobre, un mois à peine après l'extension <le leurs pouvoirs, Lecointre (de Versailles) se fit à la tribune l'interprète des plaintes qui s'élevaient, de toutes parts, contre la façon vraiment abusive dont ils appliquaient la loi des suspects.
« Les prisons, les maisons d'arrêt regorgent, disait-il, de patriotes victimes des haines et des vengeances particulières, parce que la loi qui ordonne l'envoi au Comité de sûreté générale du procès-verbal d'arrestation des citoyens incarcérés n'est point exécutée. »
II ajoutait : « Le zèle infatigable de votre Comité de sûreté générale est paralysé, faute de recevoir ces procès - verbaux importants ; pendant ce temps les citoyens éplorés réclament inutilement justice. Votro Comité n'a point de pièces pour rejeter ou faire droit sur les réclamations. En vain, les citoyens s'adressent au Comité de surveillance qui a ordonné l'arrestation, pour