ET LE SECRET DES LETTRES
(Voit page. 30.)
Nous avons signalé plus haut les abus de pouvoir du Comité central révolutionnaire de l'Évêché et sa transformation en Comité de salut public du département de Paris; il nous reste à produire nos preuves. L'incendie des archives de l'Hôtel-de- Ville,enl871, ne nous a malheureusement pas permis de former un dossier détaillé ; mais les pièces que nous allons transcrire, quelque incomplètes qu'elles soient, ne laissent aucun doute sur la légitimité de nos conclusions.
Le Comité révolutionnaire du 31 mai, dans le désir d'empêcher les trente-deux députés proscrits de correspondre, soit entre eux, soit avec les départements, avait institué une commission de douze membres chargée de surveiller à la poste les dépêches suspectes. Un salaire de dix livres par jour était attaché à l'exercice de ces fonctions. C'est ce qui résulte de l'intitulé du compte suivant, où nous trouvons en outre la date de la création du Comité de salut public du département de Paris et l'indication des avantages pécuniaires accordés à ses membres.
Compte de la somme de 14,851 11 16y, employée par le Comité de salut public du département de Paris, rendu par Harny, trésorier dudit Comité, te 19 juin 1793.
« Ob=ervatioss. — Le S juin 1793, l'an II de la Répu-
blique, le Comité de salut public du département de Paris a été établi par les commissaires des autorités constituées et des sections de Paris.
« Les membres du Comité ont été nommés le 8 et le 9 du même mois.
« Le 16, les commissaires des autorités constituées et des sections de Paris ont accordé à chaque membre du Comité 6 * par jour.
« Le Comité central révolutionnaire du 31 mai 1793 a établi la commission inspectante de la poste et a accordé, à chacun de ses membres, 10 * par jour. »
Le cabinet noir survécut aux circonstances qui avaient motivé sa création, et nous sommes en mesure de donner le relevé de ses dépenses, pour la première quinzaine du mois de juillet 1793.
État des honoraires dus aux ecitoyens omposant la Commission inspectante des postes, à partir du 5 juillet 1793 présent mois jusqu'au 20 dudit mois.
« Levillain 150*
« Renault 150*
« Guibert... 150*
» Réaume 150"
« Josse . . . . 150 "
« Molière 150"
« Larcner 150 *
« Bailly 150*
« Riquet ; 150 *
« Mauduisson : 30 11
« Total 1380*
« Du 11 juillet 1793, fourni àla commission des postes par Renault, l'un de ses membres, les articles ci-après détaillés :
« 12 caisses de papiers à la telHère d'Hollande fait, à dix sols chaque cayet . 6 *
A reporter 1386*
NOTES
Report.
« 11 livres de cire rouge, à 6* la livre (i Une demi-livre de cire noire. .....
« Total.
« Un demi-cent de plumes ......
« Un canif
a Deux grattoirs
« Deux, crayons
« Total général
« Nous, membres de la commission inspectante des postes, certiûons que l'état ci-dessus et de l'autre part se monte à la somme de 1462* iûs , ce que nous certifions véritable.
« Leviluin, président, Guibert, Laroche, Réaume, Ricquier, BAn.LV, Molière, Josse, secrétaire. »
« Vu, bon à payer,
« marchand, président.
« Nous, membres de la Commission inspectante des postes, reconnaissons avoir reçu du citoyen Harny, membre du Comité de salut public,' la somme de 1^62" 16-r, pour les objets mentionnés au mémoire ci-contre, dont quittance sans préjudice de ce qui peut être dû.
« A Paris, le 22 juillet 1793, Levillaik, président, Molière, Gcibert, Lahcheb, Réaume, Baillî', Renault, Ricqmeb, Macduisson, Josse, secrétaire.
« Vérifié par nous, commissaires, « Nicolas, Cherï. »
Un autre acte du Comité central révolutionnaire n'est pas moins important à signaler. Afin d'assurer le succès du coup d'État du 2 juin, il avait promis un salaire de 40 sous par jour aux hommes ameutés par lui contre la représentation nationale. C'est toujours la même tactique, et dans la plupart des mouvements populaires, l'argent joue un plus grand rôle
1386 « 66" 3tt
que la passion. Avant de se transformer, le Comité de l'Évêché exigea du Comité de salut public le payement de l'indemnité convenue, ainsi qu'en fait foi la délibération suivante :