‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 261 sur 308 · LIVRE XLVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVIII

des juges dont les convictions se forment aux Comités de salut public ou de sûreté générale? Il n'y a plus qu'un crime, la conspiration contre l'unité et l'indivisibilité de la République; qu'une peine, la mort appliquée indistinctement aux hommes, aux femmes, aux vieillards et aux enfants. Dans ce tourbillon sanglant, malheur à qui s'arrête! La tourmente, après les Girondins, emporte les Hébertistes; après Danton, Robespierre; elle, ne cesse qu'après avoir, par une juste punition, épuré le Tribunal lui-même.

La démagogie victorieuse possède désormais les instruments qui conviennent à ses tyranniques aspirations; et pour leur imprimer une marche régulière, on n'attend plus que le signal du Comité de salut public.

Dans la sinistre tragédie qui va ensanglanter Paris et désoler la France, le rôle de chacun est tracé d'avance. Au prologue, Robespierre et ses complices, enfermés dans un cabinet sombre, marquent les victimes, au milieu des ténèbres de la nuit. Le premier acte se passe au grand jour. La Convention, impuissante et résignée, est réunie dans ce qu'on appelle encore, par une amère dérision, le sanctuaire des lois, et fabrique les décrets qui enlèvent aux accusés les garanties sacrées de la défense. Au second, le Comité de sûreté générale et ses agents traquent et arrêtent les proscrits. Le Tribunal révolutionnaire remplit le troisième acte, et rend à chaque séance, avec les mêmes juges et les mêmes jurés, les mêmes condamnations. L'épilogue a pour théâtre la place de la Révolution. Là, l'échafaud est en permanence, et le sang coule à

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(lois. Bientôt le sol en est saturé et n'a plus le temps de sécher, car chaque jour, à la tombée de la nuit, la hache du bourreau élargit la tache encore humide de la veille, et, pendant près d'un an, la sinistre besogne se continue sans interruption.

NOTES

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