‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 285 sur 308 · LE GÉNÉRAL DAGOBERT · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL DAGOBERT

Dagobert de Fontenilles (Luc-Siméon-Auguste) a laissé une réputation militaire sans tache. Né dans la Manche le 8 mars 1736, il avait débuté en qualité de lieutenant au régiment de Tournaisis infanterie, à 20 ans, et fait de 1757 à 1762 la campagne d'Allemagne, où il reçut quatre blessures graves. Major le 17 mai 1787, lieutenant-colonel le 1" janvier 1791, colonel le 27 mai 1792, Dagobert fut nommé, le 12 octobre de la même année, maréchal de camp provisoire à l'armée de& Alpes, où il servait avec honneur sous Biron. La confirmation du minisire se lit attendre jusqu'au 8 mars 1793, et le nouveau général passa presque aussitôt après à l'armée des Pyrénées- Orientales et y.reçut, ]e 15 mai, le grade de divisionnaire. Cette page de son histoire est la plus brillante, bien que ses services n'aient pas toujours éloigné de lui le soupçon et la disgrâce. Indépendamment de sa lutte avec les représentants Bonnet, Fabre et Gaston, lutte qui motiva son retour au Mont- Libre, Dagobert fut suspendu de ses fonctions, le 17 novembre 1793, et ne les reprit que le 2 février 1794. H mourut de fatigues à Puycerda, le 18 avril 1794, au milieu de la conquête de la Cerdagne, opérée par ses soin's. Son nom, après avoir été gravé au Panthéon, brille aujourd'hui sur l'arc de triomphe de la place de l'Étoile.

NOTES

Le général en chef désarmée des Pyrénées-Orientales aux citoyens représentants du peuple composant le Comité de Salut public de la Convention nationale.

v Perpignan, le 24 septembre 1793, l'an II de la République française (3 vendémiaire).

« Citoyens représentants,

« Je suis arrivé à Perpignan le 19 au soir; je me rendis aussitôt chez les représentants du peuple Fabre et Cassanyès. Vous aurez peine à concevoir mon étonnement, quand je les entendis me dire que tout était arrangé pour attaquer l'ennemi pendant la nuit, sans attendre la petite armée que j'amenais de Mont-Libre, qui était encore à cinq lieues et qui ne devait arriver que le lendemain. C'est d'après ces sollicitations d'attaquer que je m'y déterminai le 22 au matin.

« Je ne dois pas vous dissimuler, citoyens représentants, que je n'âi point été secondé, et que c'est le bruit général de la ville et du camp qu'on a voulu nie sacrifier. La cavalerie et l'élite de l'armée sont restées cachées derrière un bois, sans faire le moindre mouvement, ce qui aurait déconcerté l'ennemi, car pour peu que la cavalerie se fût montrée, elle aurait rassuré notre infanterie et en aurait imposé à celle de l'ennemi.

« Il était loin de mon idée de vouloir inculper personne ; mais j'entends dire que celui-là même qui commandait l'élite de l'armée, qui avait toute la cavalerie avec lui, qui, loin de se rendre au lieu indiqué, est resté près d'une lieue en arrière, caché dans des oliviers, le général Goguet enfin, croit pouvoir se disculper en criant plus fort que moi. Il lui était désigné de se rendre devant Sainte-Colombe, ce qu'il n'a pas fait, puisqu'il est resté bien loin en arrière, de l'autre côté de Thuir. S'il a eu ie bonheur de devenir, en un an, de médecin général de division ; si le représentant du peuple Fabre, par sa grande liaison avec lui, a dessein de le faire commander l'armée, il était pour le moins inutile de me faire les instances qu'on m'a faites, pour me faire accepter un poste où

je ne suis arrivé que malgré moi, et où je serais bien aise qu'on me fit remplacer par quelqu'un qui ait plus de talents que moi, mais qui, à coup sûr, n'aura jamais plus de zèle pour le service delà République. .

« Salut et fraternité.

« Dagobert. »

Le général Dagobert aux représentants du peuple près l'armée des Pyrénées-Orientales.

a Perpignan, lo 8 vendémiaire an II.

(29 septembre 1793.)

« Citoyens représentants, « L'arrivée vraisemblablement prochaine du général nommé par le Pouvoir exécutif pour commander cette armée y rend ma présence peu nécessaire; au lieu que, le corps de 8000 hommes partis des bords de la Bidassoa paraissant menacer les deux Cerdagnes, il serait nécessaire que je m'y rendisse. Je vous demande donc d'autoriser mon retour aux lieux où ma responsabilité m'appelle. ... « Salut et fraternité.

« Dagobert. »

Arrêté des Représentants du peuple.

n Les représentants du peuple près l'armée des Pyrénées- Orientales :

a Vu la lettre du général Dagobert, qui demande de se rendre au Mont-Libre, où sa présence est absolument nécessaire et où sa responsabilité l'appelle;

« Considérant que la Convention nationale a confirmé la nomination du général Turreau, choisi par lé Conseil exécutif pour remplacer le général Barbentane; que, d'après cette nomination, il paraît que la Convention nationale veut que le général Dagobert conserve le commandement de l'armée du Centre, où déjà son courage et ses connaissances locales lui ont assuré des succès ; que ce serait compromettre l'intérêt

NOTES

de la République, contrarier le vœu de la Convention nationale de se refuser aux vœux du général Dagobert, et de ne pas l'autoriser à reprendre un poste où sa présence et ses lumières deviennent tous les jours plus nécessaires; que les Espagnols paraissent menacer cette partie du territoire de la' République et qu'il est important que le général, qui déjà plusieurs fois les a fait repentir de leurs projets, aille s'opposer à leurs desseins, arrêtent :

« Art. 1. — Le général Dagobert est autorisé de se rendre à l'armée du Centre, où il reprendra le commandement en chef qui lui avait été conféré par nos précédents arrêtés.

« Art. 2. — Jusqu'à l'arrivée du général Turreau, le plus ancien général divisionnaire prendra le commandement de l'armée.

« Art. 3. — Il se concertera pour ses opérations militaires avec les autres généraux divisionnaires.

« A Perpignan, le 29 septembre 1793, l'an II de la République française.

« Bonnet, Farre, Gaston. »

« Perpignan, le 1" octobre 1793, l'an II de la République française.

Les représentants du peuple près l'armée des Pyrénées-Orientales ■ au citoyen ministre de la Guerre.

« Nous vous adressons une copie de la lettre que le général Dagobert nous a écrite, après la nomination du citoyen Turreau à la place de général en chef de l'armée des Pyré nées-Orientales. Nous y joignons copie de l'arrêté que nous avons pris à cet effet. Les intérêts de la République exigeraient peut-être que le général Turreau, qui connaît l'esprit du soldat, les positions et les. localités, de l'armée de La Rochelle, restât à son poste, où il est de la plus importante nécessité. Ici, il sera obligé de faire une étude particulière de la troupe, une étude des postes, des localités, qui lui enlèveront un temps qu'un général instruit de tous ces points tournerait au profit de la chose publique.

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« La victoire que nous avons remportée à Peyres-Tortes est due au général Daoust, à qui nous avons donné le commandement provisoire de l'armée, qui lui était dû comme plus ancien général divisionnaire, à la charge de consulter dans ses opérations les autres généraux. Nous ne pouvons trop vous faire l'éloge de ce général; son sang-froid, ses connaissances militaires et son habileté dans les manœuvres sont des garants presque certains du succès. Nos observations n'ont d'autre but que le salut de la patrie et le désir ardent que nous avons, après avoir chassé l'Espagnol de nos foyers, d'aller passer l'hiver chez lui.

« Salut et fraternité.

« Fabre, Bonnet, Gaston. » .

LE GÉNÉRAL TDRJtEAU.'

Turreau, général en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, aux citoyens représentants du peuple composant' le Comité de salut public.

i Perpignan, le 3 brumaire an II.

(24 octobre 1793.)

« Citoyens représentants,

« Je dois à la place que j'occupe, je dois à la confiance dont vous m'honorez de vous rendre un compte exact de ce qui se passe à l'armée des Pyrénées-Orientales.

« Je savais, avant que d'y arriver, qu'il régnait de la mésintelligence entre les officiers généraux de cette armée. Je me suis appliqué à en connaître la cause; j'ai cru l'avoir trouvée dans les prétentions de quelques individus à la place de général en chef; j'ai jugé que mon arrivée, devant les faire cesser, il me serait facile de rétablir l'harmonie entre des hommes qui ne doivent être animés que du bien public. '

c Avant que de commencer aucune opération militaire, il

NOTES

était indispensable d'acquérir des connaissance locales, d'étudier le caractère des principauxagents militaires, de «l'instruire de tout ce qui s'était passé avant mon arrivée, des causes de nos succès et de nos revers; j'ai voulu connaître quel était l'esprit, la force, la discipline de notre armée; j'ai particulièrement porté mes regards sur toutes les parties de l'administration. En conséquence, jusqu'à ce que j'eusse acquis toutes ces connaissances, j'ai cru devoir laisser le commandement provisoire de la principale armée au général Daoust, en me faisant rendre compte de son plan et de ses projets ; j'ai fait part de cette disposition au citoyen Gaston, l'un des représentants du peuple près de cette armée, qui l'a approuvée et j'en ai rendu compte au ministre.

« Pour connaître tout le théâtre de la guerre dans cette partie de la République, je me suis transporté à Villefranche et au Mont-Libre ; j'y ai trouvé le général Dagobert, dont la division avait été séparée de la grande armée, et qui, avec peu de moyens, avait eu de grands succès et conquis la Cerdagne espagnole. Cette conquête importante garantissant le district de Prades de l'invasion de l'ennemi, j'ai cru devoir rappeler près de moi le général Dagobert, dont les talents militaires, la parfaite connaissance du pays et la confiance qu'il a su inspirer aux troupes rendaient la présence nécessaire à la grande armée, où d'ailleurs il y a peu d'officiers généraux instruits.

« Revenu au quartier général à Ragnols, je me suis fait rendre compte par le général Daoust, devant les représentants du peuple, de ses projets et de ses moyens pour opérer une entreprise dont la réussite pût hâter la retraite des Espagnols, campés au Boulou, deux lieues en deçà de Bellcgarde- ]'ai annoncé que, cette opération concertée entre les représentants du peuple et le général Daoust et que j'ai approuvée étant finie, je me mettrais à la tête de la grande armée et que j'agirais entièrement par moi-même.

h Je ne puis vous cacher, citoyens représentants, que l'indiscipline et le désordre régnent dans cette armée; que plusieurs parties de l'administration en sont viciées; que les moyens de subsistance ne sont pas assurés et que, faute de

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fourrages, je serai peut-être obligé de reporter sur mes derrières le peu de cavalerie qui me reste.

D'après cette incertitude sur les subsistances, celle que Von doit avoir sur les dispositions de nos troupes, les difficultés que présente la localité, la position de l'ennemi encore sur le territoire de la République, je n'ai pas été peu surpris d'entendre le citoyen Fabre, représentant du peuple, proposer pour cet hiver des conquêtes en Espagne. En vain j'ai voulu combattre ce projet dont l'exécution, du moins cet hiver, me parait impossible, et dont l'entreprise pourrait compromettre le sort de nos armes et nous faire perdre tout le fruit des succès que nous avons obtenus jusqu'à ce jour. Lecitoyen- Fabre, aidé de ses collègues, paraît tenir à son plan, et je vous avouerai, citoyens représentants, que je m'opposerai de toutes mes forces à cette entreprise dangereuse sous tous les rapports. Je rends justice au civisme, au zèle et à l'activité des représentants près de cette armée; mais je crois qu'ils se laissent circonvenir par des hommes adroits et ambitieux et qui ne cherchent qu'à surprendre leur bonne foi ; je crois encore qu'ils ne doivent pas se mêler des opérations militaires et cherchera substituer leurs idées et leurs plans à ceux des généraux; autrement ceux-ci sont inutiles à l'armée.

« Après avoir recueilli tous les renseignements possibles sur le compte du général Dagobert, je crois pouvoir assurer qu'il mérite l'estime générale dont il jouit; il réunit les suffrages des citoyens et de l'armée.

« Depuis l'affaire du 22 du mois dernier, il ne s'est rien passé d'intéressant à cette armée que l'attaque d'une redoute ennemie qui n'a pas réussi. Le général Daoust m'en avaitcommuniqué le projet et je l'avais approuvé ; peut-être je m'y serais opposé si j'avais mieux connu le terrain, que je n'avais pas encore eu le temps d'examiner; au surplus, la position des' Espagnols, les mouvements de leur troupe, tout paraît indiquer le projet qu'ils ont de se retirer, et peut-être ils l'auraient déjà fait, s'ils ne voulaient pas se conserver les honneurs d'une retraite volontaire. Du moment qu'ils auront quitté le district de Céret, le seul point qu'ils occupent sur le territoire de la République, mon projet, citoyens représentants, est de

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fermer la campagne, sans même entreprendre le siège de Bellegarde, à moins que des circonstances favorables et imprévues ne présentent des facilités pour s'en emparer. En laissant reposer nos troupes pendant trois mois et proûtant de ce temps de repos pour les instruire, les discipliner, formerles officiers, établir des magasins, porter la reforme dans toutes les parties de l'administration, je crois qu'on pourra se promettre de grands succès peur la campagne prochaine.

« J'aurai l'honneur, citoyens représentants, de vous faire passer mon plan et un aperçu de mes moyens d'exécution ; mais si les représentants près de cette armée s'obstinent à me faire exécuter leurs projets ; si, quoique nommé général en chef de cette armée, je n'y suis qu'un être absolument passif et si je n'y puis agir que d'après les idées des autres, je vous prie en grâce, citoyens représentants, de disposer de moi pour une autre place. Étranger à l'intrigue, n'ayant d'autre ambition que celle de coopérer de tous mes moyens au succès de nos armes, je serai toujours satisfait du grade que j'occuperai et du poste qui me sera confié, pourvu que je puisse être utile.

« Le ministre de la Guerre peut vous dire que je ne lui ai jamais rien demandé, que je n'ai jamais sollicité d'autre place que celle d'adjudant général, dans la seule vue d'apprendre mon métier; j'étais alors chef de bataillon.

« J'ai cru cette lettre assez importante'pour vous l'adresser par un courrier extraordinaire- En attendant vos ordres, je "m'opposerai de toutes mes forces à l'exécution de tous projets qui pourraient compromettre le salut de l'armée.

« Le général en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, « Turreau, »

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ARRÊTÉS DES REPRÉSENTANTS SUSPENDANT LES NOMINA- TIONS DE GÉNÉRAUX FAITES PAR LE CONSEIL EXÉCUTIF A L'ARMÉE DES PYRÉNÉES-OCCIDENTALES.

« Les représentants du peuple près l'armée des Pyrénées- Occidentales et les départements voisins :

« Instruits que le ministre de la Guerre vient d'élever au grade de général de division, dans l'armée des Pyrénées-Occidentales, des citoyens qui n'ont pas la confiance des républicains; que cette nomination a excité la sollicitude de la société populaire de Bayonne, qui a craint d'abord, de voir enlever à leurs postes les officiers sans-culottes placés par des représentants Montagnards, en second lieu, de voir de nouveau des intrigants et des militaires suspects travailler à égarer le soldat ; ce qui les a engagés de faire part de ces craintes à leur collègue Garrau, qui a déjà pris à cet égard des mesures provisoires;

« Qu'en même temps, le citoyen Dumas, nommé par le Conseil exécutif général de l'armée des Pyrénées-Occidentales, est près d'arriver à Bayonne, et qu'il a été annoncé par son aide de camp, déjà arrivé dans ladite ville;

« Considérant qu'au moment où le ministre de la Guerre a fait les nominations dont il est question ci-dessus, il ne pouvait encore être instruit des opérations commandées par la voix impérieuse du salut de la chose publique, et auxquelles le ministre et le Conseil exécutif s'empresseront d'applaudir, lorsqu'ils en auront connaissance;

« Considérant que l'intérêt de l'armée exige que la nomination faite par les représentants du peuple des généraux et officiers qui ont mérité, par leur courage, leurs talents et leurs sentiments républicains, la conflance du soldat, soit maintenue, arrêtent :

« Art. l*r. — Les nominations faites jusqu'à ce jour par les représentants du peuple dans l'armée des Pyrénées-Occiden-

NOTES

taies, soit du général en chef, soit de tout autre officier, sont maintenues.

« Art. 2. — Il est défendu au citoyen Muller, général en chef de l'armée des Pyrénées-Occidentales, de délivrer des lettres de service aux officiers qui viennent d'être ou qui seraient promus, à quelque grade que ce soit, par le Conseil exécutif dans ladite armée, et de les Taire reconnaître dans le grade que le ministre vient de leur conférer ou pourrait leur conférer.

« Abt. 3. — Il est ordonné, tant au citoyen Dumas, nommé général en chef de l'armée àcs Pyrénées-Occidentales par le Conseil exécutif, qu'à tous autres officiers qui pourraient être ou avoir été promus à quelque grade par ledit Conseil exécutif, dans ladite armée, de sortir des murs de Bayonne et du Saint- Esprit, dès qu'ils y seront arrivés, jusqu'à l'arrivée des représentants du peuple dans cette ville. Le général Laroche, commandant de la ville de Bayonne et de la citadelle du Saint-Esprit, tiendra la main à l'exécution rigoureuse de cette disposition; sont exceptés pourtant de ladite disposition les officiers qui étaient déjà dans l'armée, lorsqu'ils ont été nommés par le ministre; ceux-là resteront à leur poste, dans le grade qu'ils avaient précédemment.

« Art. h- — Les représentants du peuple se rendront incessamment à Bayonne ; ils y conféreront ensemble sur le parti à prendre sur les nouvelles nominations du Conseil exécutif; en attendant, ils invitent le citoyen Garrau, leur collègue, actuellement à Bayonne, de vouloir bien adhérer au présent arrêté et de tenir la main à son exécution.

« Fait à Mont-de-Marsan, le premier jour du deuxième mois de l'an II de la République française une et indivisible.

« J.-B.-B. Monestier -(du Puy-de-Dôme), ]. Pinet aîné, Dabtigûïte. »

« Le représentant du peuple soussigné, adhérant à l'arrêté ci-dessus, déclare qu'il n'a et ne peut avoir aucune application au citoyen Frégeville, général de division, attaché depuis longtemps à cette armée et que les représentants du peuple ont appelé auprès d'eux, tant à Toulouse qu'à Bordeaux. 11

estime en conséquence que le général Frégeville doit exercer les fonctions de général divisionnaire soit à Bayonne, soit a l'armée, dès le moment de son arrivée.

« A Rayonne, le 3 du second mois de l'an II de la République française une et indivisible.

« Gabrau. »

Second arrêté des Représentants.

« Les représentants du peuple près l'armée des Pyrénées- Occidentales et les départements voisins :

« Considérant que le Comité de salut public et la Convention nationale ne connaissaient pas les réformes devenues si nécessaires opérées dans cette armée, non plus que les remplacements qui y ont eu lieu, à l'époque où la promotion du général Dumas par le ministre de la Guerre ou par le Conseil exécutif a été approuvée par la Convention nationale;

« Considérant que le général Muller a reçu de ces représentants le soin de commander provisoirement en chef cette armée; à raison des preuves qu'il avait déjà données de son talent, de son activité, de son courage et de son républicanisme prononcé; à raison de l'expérience qu'il avait acquise, . depuis quatre mois d'un travail assidu, de la manière de faire la guerre en ces contrées, où les localités ne permettent pas d'exercer cet art et cette profession comme dans les autres armées de la République, et où il faut un temps très considérable et un coup d'œil très observateur, pour réduire toutes les portions de forces employées sur une multitude de points en un ensemble et un corps d'armée; enfin encore à raison de ce que ses services près cette armée et sa manière morale d'exister lui avaient concilié l'amitié, l'estime et la confiance des chefs et des soldats;

« Considérant que le général Muller est encore aujourd'hui en pleine jouissance de cette estime, de cette amitié et de cette confiance; que seul il peut conduire et terminer une campagne dont seul il a les clefs et les dispositions ; enfin que cette campagne et la guêtre ne peuvent durer environ que trois semaines ou un mois;

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NOTES

« Considérant que le général Dumas, contre lequel d'ailleurs les représentants du peuple n'ont aucun reproche à former, ne pourrait obtenir les connaissances de localités, de plans, de positions que dans six semaines au moins, ainsi qu'il s'en est expliqué lui-même dans la conférence amicale que les représentants du peuple ont eue avec lui ;

« Considérant que, depuis la réforme opérée dans l'armée et l'élection provisoire du général Muller, l'ordre et la discipline, la concorde et (a bonne union régnent plus rigoureusement et promettent des succès plus marqués;

« Arrêtent, pour le meilleur service de la République, que provisoirement et jusques à un décret définitif de la Convention nationale, le général Muller retiendra le commandement en chef de l'armée des Pyrénées-Occidentales.

« Arrêtent aussi qu'il demeurera libre au général Dumas d'être employé dans cette même armée, en qualité de chef divisionnaire, jusqu'à ce décret définitif.

« A Bayonne, le 8 du second mois de l'an II de la Répu- ■= blique une et indivisible.

« Monestier, Pinet aîné, DAimcom, Garrau, Cavaigkac. »

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