Tome Vil, p. 180 à
pression toujours croissante des démagogues parisiens, la Convention avait paru implicitement renoncer à ce projet, car elle avait chargé son Comité de salut public, renforcé tout exprès de cinq membres % de préparer une nouvelle rédaction et de lui présenter des bases constitutionnelles.
Pendant tout le temps de leur lutte contre la Gironde, les Montagnards avaient usé de tous les moyens, abusé de tous les prétextes pour prolonger indéfiniment la discussion du plan de Condorcet et de ses amis. Leur tactique évidente avait été de faire croire au peuple que, tant qu'ils ne seraient pas les maîtres absolus, l'Assemblée n'arriverait jamais à doter la France d'une constitution vraiment républicaine- La Gironde une fois abattue, les Montagnards tinrent à honneur de faire en huit jours ce que leurs contradicteurs n'avaient pu faire en plusieurs mois. Dès le 10 juin, Hérault-Séchelles apporta à la tribune une nouvelle constitution qui, à première vue, semblait différente de celle que Condorcet avait préparée, mais qui, en réalité, la reproduisait servilement dans un grand nombre de ses parties.
Le rapport de l'ex-avocat général au Parlement de Paris ne sort pas des vulgaires banalités. C'est toujours
i . Nous avons fait connaître, tome VU, p. 67, la composition du premier Comité de saiut public; les cinq nouveaux membres qui y furent adjoints pour fabriquer la nouvelle Constitution étaient Hérault- Séchelles, Couthon, Saint-Just, Rame! et Mathieu. Hérault était un ami particulier de Danton; Saint-Just et Couthon étaient les séides de Robespierre; les deux autres membres avaient des connaissances assez étendues, Ramel en finances, Mathieu en législation.