VIII. il
représentants peuvent prendre des arrêtés séparément, et néanmoins au nombre de deux.
« Cambon, Guvto.*, Delwas, Saint-Just, Ramel, Couthon. IknÈiiE, Lindet, Berlieb. »
Les représentants du peuple membres du Comité de salut publie au gknèral Biron, commandant m chef de Varm'ee des côtes maritimes de l'Ouest.
u Paris, le lur juillet 1793.
. <i Nous avons eu, général, une conférence avec le citoyen Choudieu, notre collègue, l'un des représentants du peuple c|ui était à Tours lé'25 juin. C'est de lui que nous savons que l'intention des officiers généraux de la division de Tours, des commissaires nationaux, était de vous consulter et d'attendre l'ordre du général pour s'y conformer.
« Les représentants du peuple n'ont pas eu intention d'in-
. flucncer votre opinion. Vous avez été alarmé, parce que vous avez pensé que le projet que l'on soumettait à votre examen
■ était un projet adopté dans la division deFarmée, et que l'on voulait ajouter au poids de votre responsabilité pour déter-
. miner plus sûrement votre suffrage.
' « Les circonstances étaient grandes et pressantes, Pétat-
. major était inquiet de ne recevoir aucunes nouvelles de votre part; il croyait n'avoir pas un moment à perdre pour vous informer du danger qui menaçait la ville de Nantes, de la disposition des esprits, et vous communiquer ses vues* ,..« Les représentants du peuple ont pensé qu'ils devaient vous proposer de prendre en grande considération la situation
- des. affaires, accélérer votre détermination. Ils vous avaient écrit,. ils n'avaient pas encore reçu votre réponse; votre avis seul devait, dans l'esprit de tous, déterminer le mouvement de .la division.
« Nous n'avons pas cru devoir persister, après avoir en- . tendu notre collègue, à exiger le rappel de l'adjoint du ministre -de la Guerre et des commissaires nationaux qui ont assisté au conseil de guerre du 25. Ces citoyens ont rendu des services
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NOTES
essentiels à la division; ils ont donné de grandes preuves de capacité, de zèle et d'activité.
« Vous connaissez, général, le caractère des Français. La grandeur et la célérité dans les entreprises- sont nécessaires pour soutenir leur courage ; c'est au milieu des dangers qu'ils aiment à signaler leur constance; mais une longue attente, l'inaction prolongée les fatiguent plus que les travaux d'une campagne.
« Nous vous invitons, général, à concilier l'activité et la prudence, à profiter des dispositions de l'armée. La division de l'ours parait prête à marcher contre les rebelles; elle s'est organisée avec une célérité qui nous présage des succès. Nous désirons que la division de La Rochelle s'organise, s'embrigade et se mette sans délai en état d'exécuter le plan que vous nous avez communiqué. C'est à ce plan que nous pensons que l'on doit s'en tenir; nous persistons à l'approuver, et nous sommes persuadés que, dans tous les changements qui peuvent arriver, vous saurez prendre vos avantages.
« Cambom fils aîné, Berlier. »
Le général Biron au Comité (h salui public.
«. Anges, le 12 juillet 1793.
u J'ai l'honneur de rendre compte au Comité que j'ai reçu son arrêté du 1er juillet, et que ma très mauvaise santé et la certitude de ne. pouvoir plus commander utilement l'année des côtes de La Rochelle m'ont déterminé' à envoyer au ministre de la Guerre ma démission de ce commandement en chef, avec la déclaration que, dans tous les lieux et dans tous les grades, je dévouerai de bon cœur le reste de mes jours et de mes forces au service de la République. Si la Convention nationale jugeait devoir faïa^e examiner ma conduite par une cour martiale, je jouirais de la satisfaction qu'éprouve tout homme pur en voyant scruter sa conduite. Comme, depuis le 23 juin, le ministre de la Guerre ne répond plus même à mes. lettres les plus importantes, j'ai l'honneur de prévenir le Comité que, dans huit jours, rien au monde
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580 HISTOIttE-DK LA TKUUliUK.
ne m'empêchera de remettre le commandement de l'armée des cotes de La Rochelle à l'officier général le plus ancien après moi. Je prie instamment le Comité dé me faire désigner le lieu où je dois me rendre, pour attendre les ordres de la Convention, après avoir quitté le commandement de l'armée.
« lîlltON. »
Au citoyen Darère.
* Angers, le 12 juillet 1793.
« Le dernier effort que j'ai fait, citoyen Représentant, pour aller de Niort à Saumur joindre l'armée qui allait au secours de Nantes a fini d'épuiser mes forces et m'a mis dans un état de faiblesse et de souffrance qui ne me permet plus,, en honneur et en conscience, de conserver le commandement en chef de l'armée des côtes de La Rochelle.
h Ce commandement exige dix fois plus d'activité qu'aucun autre; j'ai la goutte dans la tête, je crache le sang, et très incessamment je ne pourrai plus rester debout. J'ai envoyé ma démission au ministre de la Guerre; j'y ai joint la déclaration que tous mes désirs étaient de dévouer le reste de mes forces et de mes jours au service de la République, dans quelque lieu et dans quelque grade que ce pût être. J'ai demandé seulement qu'il me fût permis de m'arrêter, trois semaines ou un mois, dans le lieu quelconque que l'on voudra me désigner, pour y soigner un peu ma santé qui en a depuis longtemps un besoin indispensable. Je n'ai pas eu un instant de repos depuis la séparation de l'Assemblée Constituante, et le tems que nous y avons passé ne peut guère s'appeler du repos. J'ai constamment fait la guerre depuis, sans jamais avoir eu trois jours de tranquillité. Si quelques remèdes et quelques soins peuvent me remettre, aucun bon' citoyen n'appartiendra plus que moi à la chose publique.
a Je crois devoir vous avertir que son salut tient peutêtre à ce que le Comité de salut public envoie des commissaires d'une sagesse, d'une impartialité reconnues, prendre des renseignements et des détails sur cette armée. Ils se
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NOTES
convaincront facilement, par l'affreux désordre qui y règne, qu'elle sert bien plus la contre-révolution que la Révolution, et je vous jure qu'il n'y a rien d'exagéré dans ce que je vous dis là. Cela mérite la plus sérieuse attention.
« le vous demande pardon de mon importunité, citoyen Représentant; vous l'excuserez en pensant que j'ai trouvé quelque satisfaction à vous expliquer la démarche que je fais, et à vous mettre à portée de surveiller une armée qui finira peut-être par être bien, si l'on ne se donnait pas tant de peine pour qu'elle fût mat.
« Biron. »
Dénonciations contre Biron.
« Niort, le 21 juin 1793-.
« H est bien malheureux qu'on ne puisse pas profiter des bonnes dispositions des soldats et qu'on laisse leur courage s'amollir dans l'oisiveté. Faut-il donc attendre que les rebelles aient rassemblé de nouvelles forces, ou qu'ils aient reçu des secours étrangers, pour aller les attaquer? Aujourd'hui, le seul obstacle qui s'oppose à notre marche est, à ce qu'on dit, le manque de voitures. Nous craignons que, lorsqu'on y aura pourvu, il ne s'élève d'autres empêchements. Nous sommes au désespoir de l'état de nullité où sont réduits les trente mille hommes cantonnés ou campés depuis Saint-Maixent jusqu'aux Sables.
« Ici, l'esprit public est totalement perverti. Le peuple prend Brissot et Roland pour de bons citoyens, et les Montagnards pour des scélérats qui veulent l'anarchie et sont causes de la guerre de la Vendée. Vous seriez étonnés de ce que nous entendons dire tous' les jours. Les autorités constituées nous ont ' paru mauvaises ; nous sommes vus de mauvais œil, et une petite émeute populaire bien dirigée pourrait leur faire raison de nous. La subordination n'est pas mieux établie. Le soldat vend ses cartouches, le voiturier le foin, la paille et le pain qui lui sont confiés pour être trans-
58ï HISTOIRE DE LA TERREUR.
portés; enfin, tout est dans un bouleversement tel, qu'il est instant d'y remédier.
« Les commissaires du Conseil exécutif,
« Iïesson, Brclé. »
« Angers, le li juillet 1793, l'an II de la République uoe el indivisible.
« Je soussigné, Pierre-Mathieu Parein, chef des bureaux de la quatrième division au département de la Guerre, commissaire du Conseil exécutif auprès de l'armée des côtes de La Rochelle,
« Certifie et atteste qu'après notre arrivée dans la ville de Tours, il y a environ deux mois, avec le citoyen Ronsin , adjoint au ministre de la Guerre, nous avons parcouru toute la circonférence du terrain occupé par les brigands; que, dans cette expédition, nous avons examiné très attentivement leur position et celle de notre armée sur tous lés points que menacent les rebelles; que, de retour dans la ville d'où nous étions partis, nous nous sommes rendus a Saumur pour y conférer avec !es représentants du peuple, afin de déterminer quelle serait la mesure la plus salutaire à adopter contre les rebelles; qu'après avoir discuté le projet de campagne, il a été arrêté à Saumur, en présence du général Biron, il y a six semaines environ, que les- brigands seraient attaqués par plusieurs points et que l'on ferait marcher en masse toutes les forces de l'armée, comme étant la seule mesure à prendre qui pût convenir aux circonstances.
« Mais par une fatalité qu'on ne doit attribuer qu'à quelques traîtres qui, sans doute, étaient présents à la discussion ■de ce projet de campagne et qui en ont probablement fait part aux brigands, nous nous sommes vus attaqués le lendemain, d'abord à Doué et ensuite à Saumur, où nous avons essuyé un échec qui a désorganisé l'armée. Arrivés à Tours, où les généraux s'étaient repliés {Biron était alors à l'armée de Niort), nous donnâmes' tous nos soins pour rassembler les débris de l'armée de Saumur, et en moins de quinze jours, nous rassemblâmes et nous fîmes camper prés de dix-huit à
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NOTES
vingt mille hommes quidans ce moment marchent à l'ennemi.
« De son côté, le général Biron n'a point fait tout ce qui était en son pouvoir pour seconder l'armée de Tours; loin de s'occuper à organiser son armée à Niort, pendant les six semaines qu'il y a resté; loin de prendre à cet égard toutes les mesures que sa place et les intérêts de la République lui prescrivaient dans ces circonstances si périlleuses, il a mis la plus grande négligence dans toute sa conduite.
« 1°. Il devait organiser son armée de Niort en brigades et en divisions, et on assure qu'il n'en a rien fait.
« 2°. ï( devait protéger par trois ou quatre mille hommes la ville de Saumur, lors de la marche dé la troupe de Tours sur Angers, et il n'en a rien fait.
« 3°. 11 devait au moins envoyer des forces à Westermann, ainsi que celui-ci les lui demande par une de ses lettres, lors de la prise de Bressuire, et il n'en a rien fait.
« k°- C'est que Biron, au lieu de rester à Niort pour organiser son armée et la disposer à marcher contre les brigands, s'est rendu à Saumur et Angers où sa présence était inutile, puisque l'armée de Tours était toute organisée.
u 5°. C'est que Biron, dans toutes ses actions, n'a cessé de persécuter les patriotes, tels que les employés des commissaires du Conseil exécutif, ainsi que le citoyen Rossignol, lieutenant-colonel de la 35e division de gendarmerie, connu par son patriotisme.
« 6°. C'est que, dans ce moment, l'armée de Niort, qui se montait de vingt à vingt-cinq mille hommes, se trouve totalement fondue, pour ainsi dire, et qu'on ne sait ce qu'elle est devenue.
« 7°. C'est que le général Biron a laissé sortir et s'en retourner chez eux un ou deux bataillons de Bordeaux, sans avoir employé l'autorité dont il était revêtu pour les faire rentrer dans l'ordre et l'obéissance aux lois.
« 8°. C'est que le même général a souffert qu'il fût tenu des propos très inciviques dans les sociétés populaires qui prêchaient le fédéralisme, et qu'il n'a donné aucun ordre pour faire défendre ces sociétés, quoiqu'il fût instruit de leur conduite.
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. « D'après tous ces motifs et une infinité d'autres qui seront sans aucun doute mis sous les yeux des représentants du peuple, je ne balance point à déclarer que Biron est un traître à la République, et qu'il est très important, je ne dis pas seulement de le destituer, mais même de le livrer au glaive de la loi.
« Angers, le 11 juillet 1793.
« Je soussigné, Charles-Philippe Ronsin, général de brigade et adjoint au ministre de la Guerre, déclare en mon âme et conscience que je regarde comme traître à la Patrie Biron, général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle :
« Pour avoir mis une négligence aussi astucieuse que perfide dans l'organisation de l'année qui était à Niort ;
« Pour avoir disposé les différents corps de sorte que, de vingt-deux mille hommes dont il pouvait disposer en niasse au 2k juin, il ne lui en reste aujourd'hui que cinq mille;
(i Pour être parti brusquement pour Angers, au lieu de porter à Westermann les secours demandés après la prise de Châtillon ;
h Pour avoir causé, par ce refus, le massacre de toute l'infanterie de cette petite armée, la prise de son artillerie et tous les malheurs qu'entraîne une déroute;
« Pour avoir osé, par une calomnie digne d'être, punie par les lois, écrire au ministre de la Guerre, que tous les agents de ma commission étaient des désorganisateurs qui prêchaient le pillage, excitaient à la désobéissance, à couper des têtes, etc. ; tandis que chargé par la Commission centrale d'organiser deux commissions militaires, j'employais ces mêmes agents à poursuivre les vrais désorganisateurs, les espions et les traîtres;
« Pour avoir souffert que les généraux nobles .de cette armée profitassent du crime ou de l'erreur de quelques volontaires, pour jeter sur tous les bataillons de Paris le mépris le plus injuste et la défiance la plus dangereuse ;
« Enfin, pour avoir mis une lenteur vraiment bonne à
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déconcerter les mesures propres à assurer Je succès de nos armes, et pour n'avoir exécuté que des attaques partielles, comme s'il eût voulu détruire en détail une armée qui était, il y a un mois, assez forte pour exterminer en huit jours les brigands, si elle n'eut pas été commandée par des hommes que nous n'avons que trop de motifs de suspecter; je parle de Biron, de Menou, de Labarolière, de Berthier et de Bar-' bazan. Que ces généraux, qui n'ont pas la confiance des patriotes, soient remplacés de suite par des hommes éclairés qui, bien connus par leur dévouement au salut de la République, connaissent assez les localités et les mœurs du pays occupé par les brigands, pour ne pas s'attacher à ces mesures si lentes et à ces combinaisons si savantes de l'ancienne tactique ; et se rappeler surtout que le moyen le plus prompt de terminer cette guerre, c'est de se rapprocher davantage de la manière dont les brigands la font. Mais pour n'exciter aucune de ces secousses dangereuses dans des armées qui n'ont pas été préparées à ces grands événements, et pour ne laisser à aucun des généraux suspectés le temps d'échapper au glaive des lois, en cherchant un refuge et même un appui au loin, il faut se hâter de les mettre hors d'état de nuire.
« J'ose le prédire, si vous tardez à rappeler Biron, ses complices et ceux qui l'entourent; si, par un exemple terrible, vous ne vous hâtez pas d'effrayer ceux qui voudraient encore imiter Lafayette, Dumouriez, Wimpfen, cette armée va se détruire partiellement. Les départements voisins en deviendront plus hardis à la révolte ; ces malheureuses contrées seront longtemps dévastées par la guerre civile, et les généraux suspects que vous n'aurez pas punis ou destitués à temps ne seront plus les généraux de la République, mais bien ceux des départements qui se sont déclarés pour le fédéralisme.
« ROKSBf. »
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