‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 49 sur 308 · VI · texte numérisé non relu

VI

Le projet du Comité de salut public ne contenait qu'un article relatif aux contributions; il était ainsi conçu :

« Nulle contribution n'est établie, répartie ou recou-

vrée, nulle dépense n'est faite qu'en vertu d'un acte préalable du Corps législatif. <>

Levasseur réclame tout d'abord la consécration de ces deux principes fondamentaux :

1* Que l'on ne peut demander aucune contribution à celui qui n'a que l'absolu nécessaire;

2° Que l'impôt est en raison progressive de la richesse.

Chose étrange! ce fut un Montagnard, Fabre d'Eglantine, qui combattit la proposition de Levasseur; ce fut un Girondin, Ducos, qui en plaida l'opportunité.

L'initiative de cette idée appartenait à Robespierre qui l'avait émise, deux mois auparavant, lors de la discussion du plan' de Condorcet; mais elle n'était à ses yeux qu'une arme de guerre, et, ses adversaires vaincus, il s'empressa de l'abandonner. ;

« J'ai partagé un moment, dit-il, l'erreur de Ducos; je crois même l'avoir écrite quelque part * ; mais j'en reviens aux principes. Je suis éclairé par le bon sens du peuple qui sent que l'espèce de faveur qu'on lui présente n'est qu'une injure. En effet, si vous décrétez, surtout constitutionnellement, que la misère exempte de l'honorable obligation de contribuer aux besoins de la patrie, vous décrétez l'avilissement de la partie la plus pure de la nation; vous décrétez l'aristocratie des richesses, et bientôt vous verriez ces nouveaux aristocrates, dominant dans les législatures, avoir l'odieux

1. Celle opinion, il l'avait publiquement professée, le 24 avril, aux Jacobins; le 24, à la Convention. Voir tome VII, p. 203..

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