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2. Le général Quélineau, qui commandait à Tliouars, avait dû rendre la place, faute de forces suffisantes pour résister. Les Vendéens, qui le savaient suspect aux Jacobins, lui offrirent de rester parmi eux sans combattre. Ouétitieau, en homme de cœur, refusa. Dénoncé à la Convention par Tallien, poursuivi dans sa prison par le représentant tioupilleau (de Montaigu), il fut déféré au tribunal révolutionnaire de Paris, condamné il mortel exécuté le 26 ventôse.
Quétinean était allé se constituer prisonnier lui-même, ainsi qu'en fait foi le certificat que lui délivra Santerre.
m An quartier général, à Tours, le 15 juin 1793, '1" de la République.
« Le général de brigade Santerre, au président du Comité de salut public de la Convention nationale, à Paris. « Citoyen président, comme j'étais à l'entrée de la ville de Tours,
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Un moment, la victoire semble déserter leurs drapeaux devant Fonlenay; mais ils ne tardent pas ù prendre leur revanche avec Lescure et à s'emparer de cette ville. Ces triomphes répétés imposaient l'obligation d'une organisa lion régulière. Les chefs vendéens le comprirent et décidèrent, à la fin de mai, la création d'un Conseil supérieur dont les attributions, assez mal définies, consistaient à faire des proclamations, à prendre des arrêtés et à adresser des réquisitions pour le service des subsistances. Ce Conseil fut en partie composé d'ecclésiastiques, et c'était de bonne politique, car les prêtres avaient plus d'autorité que les chefs mêmes pour retenir, après le combat, les paysans toujours empressés de rentrer chez eux. L'abbé Guyot de Folleville, célèbre sous le faux titre d'évêque d'Agra, en reçut la présidence ; mais l'âme de l'assemblée était l'abbé Dernier, curé de Saint-Laud d'Angers, qui, dès le début, avait prêché avec ardeur les idées de résistance, et qui devait plus tard jouer uu rôle si différentdans les négociations du Concordat.
Le Comité de salut public répondit à ces mesures
il s'est présenté à moi un particulier qui m'a dit être le citoyen Quétino (sic) et venir, après s'être échappé dos prisons de Saumur, se rendre a ma discrétion. Je l'ai adressé à la commission centrale, qui lut a ordonné de se rendre à Paris accompagné d'un gendarme. Le citoyen Quétino désirant rester en état d'arrestation avec un gendarme à Paris, où il est envoyé, j'ai cru que je devais lui donner déclaration de la manière loyale et franche de sa conduite, afin que, comme il le désire, vous lui accordiez la permission de rester chez lui, sous la main de la justice, avec un gendarme.
« Le général de brigade,
<; SANTERRIÏ. »
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d'ensemble par une plus grande concentration des troupes républicaines. H en forma deux armées, celle des côtes de La Rochelle, dont le ressort d'action s'étendait delà Gironde à la basse Loire, et celle des côtes de Brest, qui avait son rayon militaire de Nantes à Saint-Malo. La première fut confiée à Biron, la seconde reçut pour clief Caudaux. Ils étaient tous deux officiers de l'ancien régime, et le dernier surtout jouissait d'une réputation justement méritée. Mais la faction montagnarde n'en était pas encore arrivée à proscrire les généraux, qui avaient le tort grave de n'être point sortis de ses rangs. Elle se réservait seulement, en cas d'échec, la faculté de les rendre responsables de ses propres fautes et le soin de les déférer à la justice révolutionnaire.
Sur le papier, l'arméedes côtes de La Rochelle comptait environ 40,000 hommes, mais Biron aurait pu en mettre à peine le quart en ligne. À l'exception de quelques compagnies d'élite, débris des anciens régiments de la monarchie, ses troupes ne comprenaient que des gardes nationaux dont le personnel et le nombre variaient à tout instant. Leur temps de service achevé, ceux qui avaient acquis quelque instruction militaire rentraient dans leurs foyers et cédaient la place à des bataillons de nouvelle réquisition sans cohésion, sans tenue, et souvent sans armes. Ces soldats improvisés, arrachés malgré eux à leurs travaux, étaient au moins honnêtes. Mais quelle confiance pouvait-on avoir dans les volontaires recrutés par la Commune, à prix d'argent, dans Paris et amenés en Vendée par San terra, le général du 10 août? Ivrognes, lâches et pillards, véritable rebut
ai HISTOIRE DE LA TERUEUR.
de la population parisienne, ils ne surent mériter que le surnom dérisoire de Héros à cinq cents livres. Un autre corps auxiliaire les dépassa pourtant en atrocités et en brigandages; ce fut la Légion germanique^ raccolée elle aussi dans la capitale, mais parmi les réfugiés allemands ou hollandais, dont le commandement avait été donné à Westennann *.
Pendant que Biron cherchait à mettre un peu d'ordre dans ce chaos, les Vendéens reprennent l'offensive. Ils occupent successivement CholeL Vihiers et Doué. Le 10 juin, ils attaquent Saumur dont les vieilles fortifications étaientplus imposantes que redoutables; mais il fallait montera l'assaut, chose nouvelle pour de simples paysans. Pendant qu'ils hésitent, La Rochejacquelein, s'inspirant de Condé à Rocroy, jette son chapeau pardessus le retranchement en criant : « Qui va le chercher? » et bientôt la ville est prise.
Le lendemain, on procéda à la nomination du généralissime et, dans cette guerre où tout était imprévu, la désignation de l'élu ne devait pas être moins exlraor-
\. On avait incorporé de force dans la légion germanique les malheureux débris de la garde suisse échappés au massacre du JO août. Elle était administrée îi Paris par un conseil composé de révolutionnaires ardents et de membres de la Commune, dont Anacharsis- Clootz avait été nommé président. Ils furent soupçonnés d'avoir détourné à leur profit une uartie des fonds remis entre leurs mains pour l'équipement rie la légion.
Minier, commissaire de la Commune dans la Vendée, rendant cpmpte de sa mission au conseil général, le ISjuin 1793, dit textuellement : « Une (le nos légions dite germanique se livre aux débauche? et aux plus grands excès. Elle est- suivie de quatre cents femmes. »
Moniteur du ISjuin 1"fl3.
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