LIVRE II
lui-même, chargeant ses armes malgré les ordres contraires, entraîne son chef sur la place du Carrousel et prend position auprès des canons. Saint-Pris essaye encore d'apaiser sa troupe en pleine rébellion ; il ordonne au lieutenant des canonnière de porter les pièces en avant et de marcher dans la direction des Gobelios. « Non ! s'écrie l'officier, nous ne partirons point; nous ne sommes pas venus ici pour rien ; le Carrousel est forcé, il faut que le château le soit. Voilà la première fois que les canonnière du Val-de-Grâce marchent; ce ne sont point des j. f. ; et nous allons voir!... Allons ! à moi, canonnière... droit à l'ennemi 1 / » Et canonnière, gardes nationaux, populace, tout s'ébranle dans la direction des Tuileries.
A l'instant même où les masses vont commencer le siège de la porte Royale, où les canons des faubourgs sont braqués, on entend un cri qui part de l'intérieur de la cour : « Ne tirez pas, on ouvre ! » "Aussitôt, en effet, les deux battants de la porte roulent sur leurs gonds et livrent passage à la foule qui se précipite avec furie dans la cour royale 2 . Mais un dernier obstacle peut arrêter le