‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 109 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Au même moment plusieurs députés, qui avaient appris ta violation du domicile royal, entraient précipitamment aux Tuileries. Ils n'avaient et ne pouvaient avoir aucune mission officielle, puisque l'Assemblée n'avait pas cru utile d'adopter la proposition que Vergniaùd lui avait faite quelques heures auparavant d'envoyer auprès du roi une députation permanente de soixante membres. Se jetant à travers la foule dont les escaliers et les appartements débordent, ils ont la peine la plus grande à se faire reconnaître, écouter, respecter. Enfin les voici, après mille efforts, parvenus à la porte de la salle de l'GEil-de- Bœuf. Vergniaùd, Isnard, deux des membres les plus populaires du côté gauche, s'y frayent un passage. Daverhoult, Blanc-Gilly, deux- membres de la droite, les accompagnent. Daverhoult, ami particulier de Lafayette, écarte les émeutiers les plus rapprochés de Louis XVI en s' écriant : « Vous n'approcherez du roi qu'en passant surmon cadavre 1 ! » Isnard, soulevé par quelques gardes nationaux de manière à dominer la foule, la conjure de se retirer, mais on l'interrompt ; on veut auparavant obtenir la levée du veto, Je rappel des ministres. « Si ce que vous demandez vous était accordé en ce moment, dit-il, ce ne serait, plus un acte de liberté... Retirezvous donc au nom de la loi et de l'Assemblée nationale, sur laquelle vous pouvez vous reposer du soin de faire tout ce qui sera convenable 2 . » Mais le tumulte redou-

1. Récit de Daverhoult à l'Assemblée, Journal des Débats et Décrets, n" 269, p. 295.

Page 1