‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 113 sur 191 · Déclaration J.-J. Leroux · texte numérisé non relu

Déclaration J.-J. Leroux

2. Le rassemblement, grossi d'une foule de citoyens paisibles, de femmes, d'enfants, était, selon Rœdèrer [Chronique des cinquante jours), beaucoup plus nombreux aux Tuileries qu'à l'Assemblée. Isnard, dans son rapport, confirme le fait. [Journal des Débats cl Décrets, n° 268, p. 283.)

3. Là se trouvait perdu dans la foule un homme qui devait, quelques années plus tard, recevoir, avec une pompe jusqu'alors inconnue, tous les rois de l'Europe dans ce palais en ce moment livré à la plus hideuse populace; un jeune officier d'artillerie, le capitaine Bonaparte, qui se promenait avec indifférence, bras dessus, bras dessous, avec deux amis, s'indignait de la longanimitédu monarque etne demandait que quelques pièces de canon pour balayer toute cette canaille. (Voir les Mémoires de Bourriettne et ie Mémorial de SahUe-Udène,)

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du corps municipal légalisant le rassemblement, Pétion était devenu invisible. Retiré d'abord avec quelques confidents intimes dans une des salles de l'hôtel de ville et plus tard à l'hôtel de la mairie (aujourd'hui la préfecture de police), il n'avait plus donné aucun ordre.

Vainement le directoire du département lui avait-il écrit pour avoir des nouvelles et réclamer l'envoi dans son sein d'un officier municipal, vainement divers membres du conseil général de la commune s'étaient-ils officieusement réunis à l'hôtel de ville et lui avaient- ils demandé des instructions; le premier magistrat de Paris n'avait pas pu se décider, avant cinq heures, à sortir de l'immobilité qu'il avait jusqu'alors gardée; — sorte de complicité nonchalante qui admet les dénégations et permet les mensonges 1 .

1. Deux billets, que nous avons retrouvés, montrent l'inquiétude dont étaient saisis, à l'exception du maire, tous ceux qui à celte heure étaient investis d'une parcelle d'autorité et sentaient qu'ils pouvaient encourir une certaine responsabilité.

Le premier est adressé aux membres de la municipalité : « Messieurs, nous ne recevons aucune nouvelle de ce qui ae passe. Nous avons des inquiétudes bien fondées, envoyez-nous sur-le-champ un officier municipal pour nous en instruire.

« Les administrateurs composant le directoire,'

« Signé : Lamochefoucauld , président; Anson, viceprésident; J. Brousse, Davous. »

Le second est signé par trois membres du conseil général:

■ Le 30 juin, 4 heures 1/3 de relevée

« Monsieur le maire , nous nous trouvons rassemblés à la maison commune sur une lettre dont copie est ci-jointe :

« Le péril presse, vite à la maison commune. » . a Notre attachement à la chose publique ne nous a pas permis indi-

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