LIVRE il
dignité, avec la majesté d'un peuple libre; retournez chacun dans vos foyers, vous ne pouvez exiger davantage. Sans doute votre demande sera réitérée par les quatre-vingt-trois départements, et le roi ne pourra se dispenser d'acquiescer au vœu manifeste du peuple. Retirez-vous, je le répète, et, en restant plus longtemps, ne donnez pas occasion d'incriminer vos intentions respectables 1 . »
Les paroles du maire ayant provoqué quelques applaudissements, le zélé et honnête Champion se jette dans la foule ; il est suivi par un officier de paix, muni de son bâton d'ivoire. Tous'deux, ils adjurent les citoyens de se retirer; on semble vouloir les écouter, mais les plus animés disent encore : « Nous attendons que le roi réponde aux. demandes qui lui ont été adressées. » D'autres s'écrient : « Le maire va parler, nous voulons l'entendre 2 , i)
En effet, Pétion répète : « Si vous ne voulez pas que vos magistrats soient injustement accusés , retirezvous 5 ! » Le roi ayant lui-même annoncé qu'il a fait ouvrir les appartements du château 4 , la curiosité entraîne quelques individus.
1. Déclaration de Montmorin, maire de Fontainebleau, confirmée par celles de Gossé, Hemcry, Lecrosnier, Dorival, Dossonville, Lesieur, député de l'Orne, Becquey, député de la Haute-Marne. (Déclarations reçues par le juge de paix de3 Tuileries.)
Voir aussi la déclaration Fontaine, le rapport Sergent, et l'Expose de la conduite tenue par le maire.
■2. Rapport Champion.