Rapport- Champion
2. Noos donnons la diatribe de cet energumene d'après les déclarations du grenadier Lecrosnier cl du capitaine de gendarmerie Winfray. On peut contrôler celte version par celle, évidemment atténuée, que le Journal du Club des Jacobins, n" CCX.IX, donne do ce môme discours, le jeune homme blond ayant élô se vanter de son exploit ù lu séance du club, le soir mémo.
homme : «Vous vous écartez de la loi ; adressez-vous aux magistrats du peuple 1 . »
Champion , de plus en plus effrayé des dispositions hostiles de la foule, s'adresse avec colère à Pétion et lui crie :« Monsieur le maire, vous êtes responsable de tout ce qui peut advenir. » Mais les autres municipaux, Sergent, Vigner, Patris 2 , reprochent à leur collègue sa trop grande vivacité; et l'acolyte de Pétion, le secrétaire Joseau, lui fait observer qu'il n'est pas à sa place. En effet, Champion n'était pas du nombre des officiers municipaux triés illégalement pour voter l'arrêté municipal du matin, ni du nombre de ceux qui avaient reçu le mandat de maintenir dans cette journée Tordre et la décence. Il s'était rendu aux Tuileries, de son propre mouvement, uniquement parce qu'il avait pensé que la place des officiers municipaux est partout où il y a tumulte, danger public et violation de la loi 3 .
Pétion se décide enfin à haranguer l'émeute. Sergent fait monter le maire sur un fauteuil que Ton vient d'apporter, et lui-même, prenant la sonnette des mains de l'un des huissiers de l'Assemblée nationale, qui avait accompagné Isnard et Vergniaud, l'agile jusqu'à ce qu'il ait obtenu un peu de silence.
« Citoyens, vous tous qui m'entendez, dit le maire, vous venez de présenter légalement votre vœu au représentant héréditaire de la nation ; vous l'avez fait avec la
Déclaration Lecrcsnier.