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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
opposèrent un formidable éclat de rire; Roucher continua d'accabler de sarcasmes « ce héros de roman comique qui, habitué à manier le bâton de polichinelle, le menaçait aujourd'hui de la rame que les Suisses lui avaient rapportée des galères. » Il lui demanda la permission de lui rappeler une certaine production littéraire qui datait d'une vingtaine d'années et dans laquelle, ne prévoyant pas les hautes destinées qui l'attendaient, Collot « se prosternait en esclave aux pieds de Monsieur, frère du roi 1 , »l
L'ami des Suisses de Châteàuvieux fut subitement apaisé par cette révélation et se garda bien de citer Roucher devant les tribunaux, comme i! l'en avait menacé; seulement, en sa qualité d'histrion consommé, il reprit le cours de ses tirades patriotiques , et devint de plus en plus sentimental.
Mais il était un histrion d'un autre genre, plus vil et plus cynique encore, Marat. Celui-ci ne pouvait souffrir qu'un nouveau venu lui dérobât son rôle de seul et unique ami du peuple. Il fît semblant d'être indigné de cette sensiblerie de commande, de celte plaidoirie sur circonstances atténuantes, et accusa Collot d'avoir voulu déguiser les titres que les soldats de Châteàuvieux avaient à la faveur de ce qu'il appelait les patriotes. L'écrit de son rival en popularité n'était , selon lui , que le « verbiage d'un rhéteur pusillanime, » et se hâtant d'y substituer « les aveux ingénus d'un citoyen éclairé et les vérités lumineuses d'un politique hardi et profond »
t. Histoire parlementaire, t. XIV, p. 72.
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