‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 12 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

tation pleine de force, de verve et d'ironie. Cette réfutation est signée d'un nom glorieux entre tous, celui d'André Chénier.

Les poètes anciens avaient, dit-on, le don de la divination ; André Chénier, qui savait si bien les imiter, semble avoir eu le même privilège. Sous l'air paterne que prenait l'auteur de YAlmanach du père Gérard^ il pressentit le proconsul qui devait épouvanter Lyon de ses fureurs 1 . Mais l'admirable philippique n'était pas seulement dirigée contre l'indigne Collot; le poëte-journaliste y dénonçait à l'indignation de tous les gens de bien la scandaleuse bacchanale qui se préparait, les invitant à la laisser passer dans les rues désertes et devant les fenêtres fermées. A cette vive attaque, Collotd'Herbois 2 répliqua par des injures et des banalités, accusant les constitutionnels d'avoir « organisé l'horrible affaire de Nancy, » et d'en vouloir une seconde. Après avoir essayé de laver ses clients de toute espèce de crime, même du meurtre de Desilles, il terminait sa nouvelle harangue en s'écriant : « Dites-moi si ces soldats aie sont pas au contraire les plus sûrs vengeurs de la liberté ! »

A cette étrange interrogation, feuillants et royalistes

t . Les niais se laissaient au contraire prendre aux tendresses bucoiqucs que débitait le sentimenlal comédien ; c'est ainsi que Lecointe- 'uj-raveau s'écriait le 10 juillet à la tribune de l'Assemblée nationale : « Quel est le .département, la ville, le canton où le nom de M. CoJlotd'Herbois ne soit connu et chéri? a

Les Brotteaux surent bientôt qui avait deviné juste d'André Chénier ou de Lecointe-Puyraveau.

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