‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 138 sur 191 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Rœderer, par- une missive officielle, l'avertissait que le commandant général avait le projet de faire battre la générale le 22 juin à 7 heures du matin ; par une autre, toute confidentielle, il insistait sur la nécessité d'adresser aux Parisiens une proclamation pathétique, destinée à leur démontrer combien il importait à tous que le roi parût libre et n'eût aucun prétexte pour chercher un autre asile que son palais 1 .

1. .Nous avons retrouvé la lettre du secrétaire du conseil général, celle du ministre de l'intérieur et le billet confidentiel de Rœderer. Ces pièces sont complètement inédites. La lettre officielle de Rœderer est imprimée dans la Revue rétrospective,

t Maison commune, ai juin, 10 heures du soit.

« Monsieur le Maire,

« J'ai l'honneur de vous prévenir que le conseil général s'est ajourné à samedi prochain, après-demain, pour entendre le compte des mesures qui ont été prises hier, par vous et par le corps municipal, relativement à la tranquillité publique. Il a été observé que le compte ayant dû être rendu par écrit au directoire, votre absence, si elle était forcée par les circonstances, n'empêcherait pas le conseil général d'en entendre la lecture. ■ '

« Je m'acquitte, monsieur le Maire, du devoirqui m'a été imposé, et je m'en acquitte sur-lo-champ , afin que vous ayez le temps de convoquer. • « Signé : Rover.

« Je vous observe que l'esprit et l'intention de l'arrêté m'ont paru être que vous donnassiez communication au conseil général du compte, que le directoire vous a demandé- s

■ Paris, 21 juin, l'an iv de la liberté.

« Parmi les moyens, monsieur, qui pourraient ramener le calme dans Paris, je pense qu'un arrêté du corps municipal pourrait ramener les citoyens a la tranquillité dont nous sommes malheureusement privés depuis plusieurs jours. Cet arrêté pourrait être- motivé sur la nécessité de respecter non-seulement la dignité, mais encore la liberté l 16

La lettre du secrétaire du conseil général était assez sèche, et pouvait faire présager que plusieurs des membres' de la municipalité étaient résolus à demander à Pétion un compte sévère de la conduite qu'il avait tenue le 20 juin. Heureusement il avait trente-six heures pour se préparer à répondre aux interpellations.

du roi; que les ennemis de la France ne demandent qu'un prélexte qui, jusqu'à présent, leur a manqué; qu'une révocation du veto arrachée par la force ne serait, de la part du roi, qu'une protestation de non-liberté; que, dans un moment où les ennemis secrets de la chose publique sont si multipliés, il peut s'en mêler dans les rassemblements des meilleurs citoyens, et qu'ainsi- les mieux intentionnés pourraient être déshonorés par des scélérats qui se glisseraient au milieu d'eux. Ces motifs, rédigés avec art et présentés par vous, pourraient avoir une grande influence sur l'esprit du peuple qui ne s'écarte souvent des lois que faute de les connaître. En vous offrant de l'éclairer, je suis assuré d'entrer dans vos vues.

« Le ministre de l'intérieur, Terrier. »

<s Mon ami, la chose la plus utile et la plus digne de votre zèle que vous puissiez faire serait une proclamation qui paraîtrait demain malin et dans laquelle vous montreriez au peuple de quelle importance il est que le roi soit libre, que l'on ne lui extorque pas une révocation ûn veto, nulle du fait qu'elle aurait été forcée, qu'il n'ait aucun prétexte de chercher un autre asile que son palais, que ses amis n'aient aucun prétexte de déserter notre cause dons un moment où il . s'agit de nous réunir pour la défendre, etc. Vous en savez plus que moi sur cela. Ne pouvez-vous pas intéresser aussi par la considération de la position où vous mettent, vous et tous les magistrats qui ont juré la loi, des rassemblements et des violences qu'elle réprouve? Je vous demande, en grâce, mon ami, cette démarche qui, de voire part, rie peut qu'être utile.

« Bonsoir. a Signé : RcEDEBEn. u

• 21 juin, il heures du soir.

v A Monsieur le Maire de Paris. (Très-pressé.) »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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