‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 137 sur 191 · LIVRE ML · texte numérisé non relu

LIVRE ML

n'a pas fait, pour lé prévenir, tout ce qu'elle aurait pu faire.

« Le maire. Sire, la municipalité a fait tout ce qu'elle a pu et dû faire ; elle mettra sa conduite au grand jour, et l'opinion publique la jugera.

« Le roi. Dites la nation entière...

« Le maire. Elle ne craint pas plus le jugement de la nation entière.

a Le roi. Dans quelle situation se trouve en ce moment la capitale ?

« Le maire. Sire, elle est calme.

« Le roi. Cela n'est pas vrai !

« Le maire. Sire...

« Taisez-vous ! » interrompt Louis XVI d'un ton absolu.

Pétion veut ajouter quelques mots pour la défense de lu municipalité; mais le monarque continue ses reproches; les deux interlocuteurs parlent quelques instants tous les deux ensemble. Vivement irrité de l'insistance du maire et de son manque de respect, le roi lui tourne le dos. Pétion se voit obligé de se retirer 1 .

1. Il y a plusieurs versions de la conversation du roi avec Polion, Nous avons suivi, pour le commencement de celle conversation, lo récit que l'on trouve dans le Moniteur du 27 juin 1792. Mais nous doutons fort que Pétion ait prononcé toutes les paroles hautaines qu'il se prête ù la fin de cette version, évidemment arrangée par lui, selon le témoignage de Rœderer lui-même. Le Moniteur, on peut s'en convaincre facilement, recevait souvent les inspirations de la mairie. Voir du reste ce que rapportent de cette conversation Rœderer dans sa Chronique des cinquante jours, et. Perrières dans ses Mémoires, t. III, p. 124.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Mais dans la première antichambre, dès qu'il se retrouve seul avec Sergent et Panis, il se félicite d'avoir opposé le calme de la raison à la folie de ces personnes qui se croient encore au temps d'imposer à des hommes libres 1 . »

Au même moment, la reine disait au procureur-général-syndic :

« M. Rcederer, ne trouvez-vous pas que le roi a été bien vif? Croyez-vous que cela ne lui nuise point?

— « Je crois, madame, que personne ne mettra en doute que le roi ne puisse se permettre de dire : taisezvous, à un homme qui parle sans l'écouter 2 . »

Le malheureux maire n'en avait pas fini avec ses tribulations de la journée. En rentrant à la mairie, il trouva plusieurs lettres qui durent fort l'embarrasser.

Le secrétaire général de la commune lui annonçait que le conseil s'assemblerait le surlendemain samedi, afin d'entendre le compte-rendu des mesures qu'il avait prises le 20 juin pour assurer la tranquillité publique.

Le ministre de l'intérieur, tout en conservant les formes officielles et en ayant l'air de ne pas douter des excellentes intentions du maire, l'invitait à faire prendre au corps municipal un arrêté qui pût ramener le calme dans Paris.

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