Voir cette lettre, p. 186 rie la Revue rétrospective
3. Voici à cet égard un très-curieux rapport que nos recherches nous ont fiiil découvrir :
« 22 juin 1193.
a Au Maire et aux Officiers municipaux de Paris. « Nous apprenons à l'instant, messieurs, qu'il doit so tenir ce soir, dans l'église des Quinze- Vingts et dans celle des Enfants- Trouvés, au faubourg Saint-Antoine, une assemblée où l'on doit admettre tous ceux
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Une convocation, faite conformément à une pétition signée par cinquante citoyens actifs, obligeait toute la section de Montreuil à se rassembler, le 21 juin, à huit heures du soir, au lieu ordinaire de ses séances, sous le charnier de la paroisse Sainte-Marguerite, En y arrivant, les membres du comité civil trouvaient le local envahi par une foule nombreuse, composée en grande partie de femmes, d'enfants et de personnes complètement étrangères au quartier. Le président et le secrétaire ne purent que protester contre une illégalité aussi flagrante; mais cela neWvit de rien, la séance n'en continua pas moins 1 . On y disait tout haut que, le 25 juin, on
qui se présenteront, sans distinction d'âge, de sexe et de section. Déjà, dans une assemblée de ce genre, tenue hier soir, ie cri général était que les lois étaient mauvaises, qu'il n'y avait que la force à leur opposer et qu'on l'avait en main; dans celle d'aujourd'hui, on se propose de prendre l'arrêté de se transporter de nouveau en armes au. château des Tuileries et d'envoyer demain des émissaires pour proclamer, dans les différents quartiers de Paris, ce prétendu projet. Nous nous empressons, messieurs, de vous communiquer cet avis et de provoquer votre sollicitude sur les moyens que vous croirez convenables pour prévenir le désordre. Peut-être jugerez-vous que l'une des mesures les plus efficaces serait que quelques officiers municipaux se rendissent dans le lieu de l'assemblée et représentassent avec énergie, aux citoyens, combien le but de ces rassemblements serait coupable, combien leur forme môme est contraire à la loi. Nous laissons d'ailleurs, messieurs, à votre prudence de faire le choix de tout autre moyen que vous croirez plus propre à 'prévenir le mal dans son origine. Nous vous prions de nous faire connaître ce soir, pendant votre séance, le résultat des mesures que.vous aurez prises. »
f. Voir, dans la Revue rétrospective, p. 480-183, le procès-verbal de la section de Montreuil et le rapport du commissaire de police de cette môme section. Outre ces deux pièces déjà connues, nous
m HISTOIRE DE LA TERREUR.
reviendrait chez le roi pour avoir une réponse décisive; que le peuple était seul souverain ; que dès lors il devait faire la loi sans souci de la Constitution ni de la sanction royale.
Dans la section de l'Observatoire» un certain Pâris s'écriait :
« Il faut que le peuple se réunisse demain au faubourg Saint-Antoine, que de là il aille sans armes à l'Assemblée nationale et chez le roi. Si le roi refuse de nous recevoir, eh bien! le lendemain nous reviendrons en armes au château des Tuileries, et nous le traiterons
avons retrouvé une lettre confidentielle de ce même commissaire de police au ministre de l'intérieur ; dans cette lettre se trouvent décrits avec une piquante naïveté les sentiments qui agitaient les masses populaires égarées par quelques meneurs :
« Section do la rue de M on treuil, an iv, le SI juin 1TB2. « Un fonctionnaire public, ami de la Constitution et qui In veut telle qu'elle est, doit vous dire que l'incursion d'hier doit se renouveler demain ou lundi au plus tard, si vous ne prenez les précautions les plus sages et en même temps les pJus fermes pour couper dans sa racine le mal que la journée d'hier a fait â notre Constitution. L'opinion des groupes est que la Constitution est inutile et que le peuple seul fait la loi. Les citoyens de Paris ho croient, sur la place publique, le peuple, populus, ce que nous appelons universalité des citoyens; et d'ailleurs les citoyens - sont endoctrinés par des gens qui voudraient pouvoir revenir sur ce qui peut arriver encore (sic). J'écris au directoire et au maire. J'attends de vous, monsieur, une réponse qui atteste aux citoyens, lorsque j'en aurai besoin, que ma sollicitude n'a pas été inactive,
« Le commissaire de police do la section de la rue de Mon treuil.
« Signé : Dumon.
a Monsieur le ministre de l'intérieur. »