Dans le n° *35des Révolutions de Paris
LIVRR m.
Bazire, à l'Assemblée, la dénonça comme étant de nature à provoquer des troubles 1 . Elle fut commentée de la plus violente manière dans les clubs et dans les comités de section.
Le 23 juin au matin, on trouva affiché, entre l'avis du maire et la proclamation du roi, ce placard sans signature : ,
« Pères de la patrie,
« Nous nous levons une seconde fois pour remplir le plus saint des devoirs. Les habitants des faubourgs de Paris, 'les hommes du 14 juillet viennent vous dénoncer un rot faussaire , coupable de haute trahison, indigne d'occuper plus 'longtemps le trône. Nos soupçons sur sa conduite sont enfin vérifiés, et nous demandons que le glaive de la justice frappe sa tête, afin que la punition qu'il mérite serve d'exemple à tous les tyrans. Si vous vous refusez encore à nos vœux, nos bras sont levés, et nous frapperons les traîtres partout où nous les trouverons, même parmi vous. »
Cet affreux placard (ainsi le qualifiait Pétion luimême) n'était rien moins que la pétition que le nouveau rassemblement devait porter à l'Assemblée le 25 juin. Le moire de Paris promit de faire contre les auteurs de cet écrit les recherches les plus minutieuses; mais elles furent naturellement sans succès 2 .
Le ministre de l'intérieur, qui avait de bonnes raisons
A. Moniteur du 24 juin.
2. Voir, page i*lO de la Revue rétrospective, la lettre de Pétion il 06 SUjet-
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
HISTOIRE Dlî LA ÏIÏHREUR.
pour ne pas se fier aux promesses de Pétion, courut dénoncer l'affiche anarchique à l'Assemblée nationale et lui demander de faire cesser la déptorable situation où se trouvait le pays tout entier. « Ce placard, s'écria Saladin, est peut-être l'œuvre des factieux, et j'appelle factieux ceux qui calomnient le peuple. »
Le placard fut renvoyé à la commission des douze et . il n'en fut plus question î mais les autres faits exposés par le ministre de l'intérieur étaient trop graves pour que l'Assemblée parût De pas s'en préoccuper. Dès le soir même, sur le rapport de Muraire, elle votait à Tuoanimîtérimpression immédiate et l'envoi aux départements d'un Acte du Corps législatif, que le roi sanctionna sans retard :
« L'Assemblée nationale, y était-il dit, instruite par le ministre de l'intérieur que les ennemis du peuple et de la liberté, usurpant le langage du patriotisme, sont sur le point d'égarer quelques hommes actuellement résidant à Paris ;
« Justement indignée des provocations coupables et des placards criminels qui lui ont été dénoncés ;
k Considérant que le devoir du Corps législatif est de maintenir la Constitution et l'inviolabilité du représentant héréditaire de la nation ; mais que les lois ont remis, entre les mains des autorités constituées, tous les moyens qui leur sont nécessaires pour assurer l'ordre et la tranquillité publique :
« Déclare qu'il n'y a pas lieu à prendre de nouvelles mesures législatives, mais invite au nom de la nation et de la liberté tous les bons citoyens, à la fidélité desquels