‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 155 sur 191 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

sections parisiennes; maïs, pour réussir sûrement dans celte dernière entreprise, il fallait s'y préparer de longue main,

La réaction contre les excès du 20 juin s'accentuait de plus en plus; beaucoup de députés s'étaient hâtés de faire part à leurs départements des faits odieux dont iïs avaient été témoins; plusieurs eurent le courage de publier leurs lettres 1 .

Certaines des sections qui avaient été entraînées à prendre part au rassemblement et à l'invasion des Tui-

1. On député de l'Yonne, Laureau, publia notamment dans le Journal des Débats et Décrets, n° â6S, p. 303, l'article- suivant qui était un rappel à la loi et au bon sens; malheureusement il ne fut pas en tendu :

« Le roi a été forcé hier dans son palais paru» attroupement de la capitale. Le pouvoir exécutif n'appartiunt-il pas à tout le royaume? Le royaume ne l'a-l-il pas confié à la ville de Paris, à la surveillance de la garde nationale? On a violé te dépôt remis par les départements, on a donc attaqué leurs droits, la dignité nationale et la loi.

« Honneur et gloire au département de Paris! Je l'ai vu s'élever dans l'Assemblée nationale à la hauteur de ses fonctions; je l'ai vu s'exposer pour le salut de la patrie et de la loi. Quel grand exemple il a donné!

« Que Paris sache s'arrêter sur la' ligne de démarcation qui sépare la liberté de la licence, qu'il laisse ses clubs et ses éraeutiers, qu'il reprenne ses arts et son industrie!

a Cette sollicitude est un devoir, puisque je suis député; nos déparlemenls sont malheureux par les agitations de Paris; ses mouvements influent sur eux; ils no peuvent être heureux que par son bonheur; qu'il s'applique donc à faire le sien et le notre, puisqu'ils sont inséparables !»

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

leries cherchaient à excuser la conduite qu'elles avaient tenue à cette occasion *,

Dans le sein même du conseil général de la commune, un grand nombre de membres faisaient entendre tout haut des plaintes énergiques contre la conduite du maire et contre la violation scandaleuse de la loi. Le résumé de ces plaintes fut formulé dans un discours prononcé par Cahier, l'un des membres les plus courageux de ce conseil.

« La loi, y disait Cahier, a été violée avec le plus scandaleux éclat par un commandant de bataillon, Santerre, qui, sans réquisition préalable, a osé marcher à travers les rues de Paris à la tête d'un rassemblement de vingt mille hommes armés ;

« Violée par des gardes nationaux qui, sans réquisition préalable, ont paru dans le rassemblement avec leurs armes et traînant après eux leurs canons ;

« Violée par une foule d'individus de tout âge, de tout sexe, qui ont pénétré dans la demeure du représentant héréditaire de la nation et l'ont obligé à se couvrir du bonnet rouge, bonnet avili par les factieux j

« Violée par le procureur de la commune, par le maire, qui, au mépris des lois concernant leur ministère, ont négligé de requérir les mesures nécessaires pour dissiper cet attroupement ;

.<( Violée par le commandant général, à qui toutes les

i. Voir la lettre du président de la section des Gobelins au président de l'Assemblée, en date du 22 juin {Journal des Dcbals el Décrois, n°270, u. 317).

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