EXTRAIT DU RAPPORT FAIT PAR SANTERRE AU MAIRE
M. Santerre adresse uti rapport à M. le maire contenant la conduite qu'il à tenue dans la journée du 20. H le préviént en même temps que leurs deux tètes sont à prix ; que les ennemis de la révolution sont actuellement en gardes nationaux, qu'ils sont mêlés dans les bataillons et soulèvent les gens de bonne foi. Il engage M. le maire à prendre des mesures, soit en convoquant les sections, soit en convoquant une députation de chaque bataillon pour se concerter avec le magistrat sur les mesures à prendre pour empêcher la guerre civile. M. Santerre dit dans son rapport qu'ayant pénétré avec beaucoup de peine dans la chambre du conseil où était la reine, il lui adressa, en présence de M. Lajard et de plusieurs personnes de la cour, ces paroles : « Madame, vous êtes trompée -, le péuple'he vous veut pas de mal; si vous vouliez, il n'y aurait pas un d'eux qui ne vous aimât autant que cet enfant (en montrant le prince royal); sauvez la France, vos amis vous trompent, il n'y a pas à craindre pour vous. Je vais vous le prouver en yous servant de plastron. » Cet officier observe que toutes les personnes de la cour ont été témoins que, sans ses forces physiques et ses soins envers le peuple, on ne serait pas venu à bout de faire évacuer les appartements malgré la garde immense; à quoi il n'avait cependant réussi complètement que lorsque le roi eut promis justice au peuple et s'était retiré.