‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 31 sur 191 · Moniteur du 16 mars · texte numérisé non relu

Moniteur du 16 mars

loi, mais encore, pour n'employer qu'une force armée légale, il avait négligé de s'entourer d'amis sûrs et dévoués, comme il l'aurait pu, si le magistrat n'avait complètement oublié l'homme. Il occupait en effet, dans ses ateliers de tannerie, plus de soixante ouvriers dont il était chéri comme un père, et, dès le premier moment de l'émeute, il leur avait arraché la promesse qu'aucun d'eux, ne paraîtrait de tout le jour sur la place du Marché 1 .

Il avait préféré ne requérir que des militaires appartenant aux anciens corps de l'armée ; mais, nous l'avons déjà fait observer, ces militaires n'étaient bien souvent que de misérables soudards, pour lesquels les mots de loi et de légalité n'avaient pas de sens. Aussi, comme nous l'avons vu, abandonnèrent-ils lâchement le maire et, sans brûler une cartouche, le laissèrent-ils périr sous les coups des assassins!

L'Assemblée nationale voulut aussi offrir son tribut d'hommages à la mémoire du magistrat mort pour la défense de la loi : le 18 mars, sur le rapport de Jean Debry, lu au nom du Comité d'instruction publique, elle décréta que des honneurs funèbres seraient décernés à Simoneau. En vertu de cette loi, une pyramide devait être élevée sur le marchéd'Étampes, portant trois inscriptions : sur la première face: Guillaume Simoneau, maire d'Etampcs, mort le 3 mars 1792 ; sur la seconde : La nation française à la mémoire d'un magistrat ffui mourut pour la loi, décret du 18 mars 1792; sur la troisième: Vous pouvez me tuer, mais je mourrai à mon poste, der-

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