LIVRE I
éclatèrent en témoignages de sympathie pour la conduite courageuse du magistrat qui venait de périr victime de son devoirt
Simoneau était un ami sincère de la révolution ; il avait été inscrit sur la liste des Amis de la Constitution à l'origine de la société. Les Jacobins, comme tous les sectateurs d'une religion nouvelle* étaient en quête de martyrs; ils devaient donc se féliciter de ce qu'un magistrat, qu'ils pouvaient considérer comme (eur appartenant, fût mort en voulant faire respecter cette même loi que leurs adversaires leur reprochaient si souvent de fouler aux pieds. Aussi s'empressèrent-ils d'écrire au fils de Simoneau une lettre officielle de condoléance :
« Les Amis de la Constitution, y lisait^-on, partagent vivement votre juste douleur; ils n'y trouvent d'adoucissement que dans la pensée qu'il est honorable pour eux d'avoir pu compter votre père au nombre des membres qui composent leur association patriotique. Puissionsnous faire entrer la consolation dans votre Ame, en vous présentant la vertu héroïque de l'auteur de vos jours comme le modèle de tous ceux qui marcheront après lui dans la carrière des emplois publics et comme le fondement d'une gloire impérissable pour son nom, qui laissera dans votre mémoire un souvenir propre, dans tous les temps, à adoucir l'amertume de vos regrets 1 ! »
Simoneau méritait ces éloges: non-seulement il avait bravement affronté la mort en requérant obéissance à la