LIVRE II
des faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marcel avaient résolu de présenter, mercredi 20 du courant, à l'Assemblée nationale et au roi, des.pétitions relatives aux circonstances et de planter ensuite l'arbre de la liberté sur la terrasse des Feuillants, en mémoire de la séance du Jeu de Paume.
<i Ils ont demandé que le conseil général les autorisât à se revêtir des babits qu'ils portaient en 1789, en même temps que de leurs'armes.
« Le conseil général , après avoir délibéré sur cette pétition verbale et le procureur de la commune entendu :
« Considérant que la loi proscrit tout rassemblement armé, s'il ne fait partie de la force publique légalement requise, a arrêté de passer à l'ordre du jour.
<■ Le conseil général a ordonné que le présent arrêté serait envoyé au directoire du département et au département de police, et qu'il en serait donné communication au corps municipal.
« Signé : Lbbreton, doyen d'âge, président; Royeu 1 , secrétaire. »
En entendant lire cet arrêté, les prétendus délégués des faubourgs entrèrent dans une violente colère et s'é-
du faubourg Saint-Marcel, se taisait le promoteur de !a journée du 20 juin et mourait, au commencement de 1793, de débauches et d'excès de tout genre. Iî tut presque canonisé comme un saint par ses frères et amis jacobins. (Voir lés Mémoires de M"" Roland.)
1. Le sécréta irc-grcHier-adjoint de la commune était un jeune homme courageux et énergique, qui devait plus lard so rendre célèbre sous le nom de Royer-Collard.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
crièrent 1 , dans la salle même du conseil général, que rien ne les empêcherait d'exécuter leur projet, qu'ils iraient chez le roi et a l'Assemblée en dépit de tous les arrêtés. Retournés dans leurs faubourgs, ils y propagèrent l'agitation. Durant les journées des 17, 18 et 19 juin, chacun put voir grossir un mouvement populaire 2 qu'il eût été facile de prévenir en déployant un peu d'énergie dès le début.
« Pétion, dit M. Louis Blanc 8 , était très-incertain : • comme homme de parti, il inclinait à favoriser le mouvement ; comme maire, it avait à faire respecter la loi. » Nous dirons plus : ami des ministres renversés, partisan des lois auxquelles le roi venait d'apposer son veto, Pétion désirait fort que le peuple exerçât une pression violente et sur l'Assemblée nationale et sur le monarque. Premier magistrat de la ville de Paris, il était obligé de sauver les apparences, tenant à rester populaire si l'affaire réussissait, et, si elle échouait, à ne point perdre la mairie. Il fut incertain, sans doute, i ,ais incertain seulement sur les moyens de mettre sa responsabilité à couvert et de laisser l'événement se produire, sans y prendre aucune part apparente.
1'. Déclaration J.-J. Leroux.
%. lliip(iort du commandant, générai RamainviJIiers.